Marie-Nicole Lemieux – Revue de presse

Tournée Vivaldi : Splendeurs vénitiennes

Tournée européenne, 2019

« Le Stabat Mater auquel nous assistons alors est empreint d’une sublime incarnation comme Marie-Nicole Lemieux en a le secret, faisant entendre ici son registre grave et ses mediums suaves qui glissent sur nos papilles auditives comme du petit lait. Portée par I Bollenti Spiriti, l’ensemble baroque issu de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, la chanteuse nous transporte dans un voyage émotionnel dont le passage « O quam tristis » (nous) touche particulièrement. Mais cela reste finalement propre à chacun : l’ensemble est d’une telle excellence qu’il serait finalement bien difficile d’extraire une partie de ce tout dans lequel la contralto/mezzo-soprano s’implique au point que l’on ressente presque une certaine difficulté à s’extraire de ce chant une fois la dernière noté résonnée. […] Le champagne coule à flot et le petites bulles de bonheur nous emportent, nous faisant apprécier à chaque instant le timbre chaud et profond ainsi que l’amplitude vocale impressionnante de la cantatrice dans une ligne de chant qui ne se rompt à aucun moment. […] Puis vient « Al vezzeggiar d’un volto » (Farnace) et « Quanto posso a’me fo schermo » (Atenaide) pour lequel la gravité reprend place sur son visage et où la détresse du texte se fait ressentir, parfaitement transmis, entraînant un véritable triomphe de la part du public. » Elodie Martinez – Opera Online

« Connue pour son fort tempérament, Marie-Nicole Lemieux aborde toutefois le Stabat Mater dans ce grand recueillement. Elle exprime avec douceur la douleur de la vierge au pied de la croix, mettant en relief certains mots par des colorations vocales particulières. Un effet d’écho sur « lacrimosa » (toute en larmes) souligne l’affliction de Marie. L’expressivité de toutes les notes du mélisme sur « gladius » (glaive) aggrave la profondeur de la blessure. La souffrance (dolentem) est conduite dans un grand crescendo, tel un pleur impossible à contenir et le supplice (supplicio) est poitriné fortement. Marie-Nicole Lemieux côtoie la musique de Vivaldi depuis longtemps, et son premier grand rôle, Orlando Furioso, lui assura la notoriété. Les « extravagances » du compositeur trouvent en la contralto un médiateur superlatif. Elle convoque toutes les possibilités expressives de sa voix, et même au-delà […] en offrant une présence d’exception, généreuse et continuellement habitée. Son due venti (extrait de Orlando finto pazzo) joue avec ses registres, utilisant un son poitriné décomplexé et la musique se pare de soupirs dans l’air de séduction extrait de Farnace (Al vezzegiar d’un volto), ses mimiques irrésistibles faisant rire le public et le chef. Elle n’hésite pas à dramatiser son chant dans l’air de Pulcheria extrait d’Atenaide, les ports de voix devenant des plaintes sanglotantes et l’aigu projeté vibrant en un cri de détresse. » Frédéric Epin – Olyrix

 

Récital Baudelaire

Tournée au Québec, 2019

« S’il est vrai que les rôles opératiques nous permettent d’apprécier également ses talents pour le jeu théâtral, cet art raffiné de la mélodie nous fait découvrir la dimension plus subtile de ses qualités d’interprète hors pair. On apprécie aussi, dans sa voix, de nouvelles couleurs et des nuances toujours plus fines et plus riches, le résultat d’années de recherche et d’efforts pour transmettre un texte avec du sens et de l’intention musicale dans chaque phrase, un chant au service des oeuvres, à l’opposé d’un chant qui se complait en lui-même. » Caroline Rodgers – Ludwig van Montréal

« Marie-Nicole Lemieux chantait des poèmes mis en musique par Chausson, Fauré, Séverac, Charpentier, Debussy et Duparc. Ils ont habillé les poèmes de musiques fiévreuses et exaltées ou au contraire, solennelles et inquiétantes. La contralto leur a donné toutes les couleurs. Chantant tantôt d’une voix caressante et basse, et tantôt en faisant éclater sa voix en extase, avec une force et une liberté vertigineuse. Elle devient, dans ce récital, la poésie incarnée. […]
Le spectacle est tout en nuances et en équilibre. Il culmine sur une magnifique interprétation de la chanson Le flacon, par Léo Ferré par Marie-Nicole Lemieux, dont la voix sublime — tant pour jeter des mots avec panache que pour briller dans les portions chantées — était appuyée par des regards de feu et de gestes dansants. Sublime moment. » Josiane Desloges – Le Soleil

« Quelle puissance vocale et quelle sens de la nuance ! La contralto de Dolbeau-Mistassini se laisse porter par les mots, le regard tendu vers l’infini, là où «tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté». » Marc-Yvan Coulombe – Les ArtsZé

 

Madama Butterfly – Suzuki

Opéra National de Paris, 2019

« Marie-Nicole Lemieux en superbe Suzuki incarne la servante, fidèle et maternante, puissante et tendre. » Irène Meija-Butin – Classicagenda

« Marie-Nicole Lemieux est une Suzuki à la fois sombre et chaleureuse. Aussi à l’aise dans les parties rapides et agiles que dans les grands phrasés lyriques, son chant est naturel et sans artifices, doté d’une chaleur rassurante. » Violette Renié Dubar – Olyrix

Théâtre des Champs-Elysées, 2017

«La chanteuse canadienne sait délicieusement camper une petite souris toute penaude, regard baissé, mains jointes et trottinant en tous petits pas dans sa robe serrée aux chevilles, avant qu’elle ne pleure le terrible destin de sa maîtresse par d’amples graves. La puissance de ses aigus et de sa terreur devant la tromperie de Pinkerton fait trembler son visage. » Charles Arden – Ôlyrix

« La Canadienne Marie-Nicole Lemieux est une Suzuki de luxe; la palette de couleurs est superbe, les graves généreux, et elle est toute de tendresse et de dévouement. Son «duo des fleurs» avec Cio-Cio-San est particulièrement réussi. » Christian Dolzon – ConcertoNet.com

« Marie-Nicole Lemieux une Suzuki de grand luxe qui parvient à se glisser dans la peau d’une frêle petite servante » Gérard Mannoni – Altamusica

« Avec sa grande personnalité, Marie Nicole Lemieux fait craquer les coutures de Suzuki, dont elle épouse sans peine les différents aspects, mutine parfois, maternelle surtout. » Antoine Brunetto – Forum Opéra

« Marie-Nicole Lemieux (Suzuki) donne sa pleine mesure dans le célèbre duo des fleurs « Scuoti quelle fronda ». » Patrice Imbaud – ResMusica

Chorégies d’Orange, 2016

« A ses côtés Marie-Nicole Lemieux est une excellente Suzuki, l’un des deux rôles dans l’opéra, avec celui de Sharpless, emplis d’humanité. Voix assurée et puissante, jeu précis et discret, forte présence scénique, elle est l’idéale servante. » Michel Egea – Desimed

« La généreuse québecoise Marie-Nicole Lemieux, parfaite Suzuki (la fidèle servante de Butterfly) a été très applaudie. » L’Express

« La Suzuki de Marie-Nicole Lemieux, présence rassurante et aimante, joue en sobriété contenue. Mais la confidente explose d’horreur au retour de Pinkerton, alors qu’il projette de partir avec l’enfant. Son jeu juste, ses harmoniques de contralto pénétrantes, font vibrer les coeurs, jusqu’au trop-plein. Admirable. » Francis Pabst – La Provence

« Du côté de la gente féminine, Marie-Nicole Lemieux est une belle Suzuki dévouée et sincère tout le long de l’opéra. » Sebastien Herbecq – Bachtrack

« Marie-Nicole Lemieux est une Suzuki toute de tendresse et de dévouement. Son « duo des fleurs » avec Cio-Cio San est réussi et justement très applaudi. » Christian Dalzon – ConcertoNet

Gran Teatre del Liceu, 2013

« Aunque cueste creerlo, se trataba del debut de Lemieux en el coliseo de las ramblas. (…) alegrémonos de habernos tropezado con la mejor Suzuki escuchada y vista (qué gran artista es la canadiense, además de voz espectacular y bien utilizada) sobre un escenario » Jorge Binaghi, Mundo Clásico

« Suzuki es uno de los personajes que siempre cuentan con el favor del público. No hubo excepción a la regla en esta ocasión y la canadiense Marie-Nicole Lemieux ofreció la voz más importante del cuarteto protagonista. Un lujo en el personaje. » Jose M. Irurzun, Beckmesser

Les Nuits d’été (Berlioz)

Orchestre National de France, 2019

« Lemieux (…) propose une interprétation d’anthologie de l’œuvre de Berlioz, de la première à la dernière note. Intrication complexe des vers de Théophile Gautier dans la métrique berliozienne, le texte a rarement paru aussi bien articulé et naturel ; la chanteuse passe de l’incarnation à la récitation avec ce savant équilibre qui fait les grandes mélodistes. Depuis un registre grave profond jusqu’à des aigus chatoyants, elle trace souplement sa trajectoire dans l’ouvrage, projetant sa vision large des phrasés. Et ne néglige aucun figuralisme, gorgeant d’expressivité les crescendo du « Spectre de la rose », adoptant une voix blanche dans « Au cimetière », transportant l’auditeur du seuil du printemps au marbre glacé de la tombe. » Tristan Labouret – Bachtrack

« La chanteuse nous invite avec panache, une diction inouïe qui doit faire rougir Nerval de plaisir et puissance une véritable descente aux enfers, que nous avons suivie en dansant à sa voix. Les amours de la « Villanelle » nous ont entraînés et habitués aux virevolter avec les grâces violoncelle, sauf qu’il ne reste plus que le « Spectre de la rose » que la chanteuse a incarné comme un rossignol vindicatif. Commençant par un drame « Sur les lagunes” nous fait faire un chemin marin et bouleversant de deuil. « Absence » est un cri que M.N. Lemieux sait retenir pour nous bercer et appelle au retour de l’être aimé. Le « plus beau » selon Krivine et aussi l’air qui a été répété en bis était « Au cimetière » où l’orchestre enveloppe la voix de la chanteuse de cents nuances. Enfin, parfaitement symbolique « L’île inconnue » clôt cette invitation au voyage avec éclat, mais aussi toute préservée : la mélancolie. » Yaël Hirsch – Toute la culture

Orchestre Métropolitain, 2017

Maison Symphonique de Montréal, Konzerthaus Dortmund, De Doelen (Rotterdam), Elbphilharmonie (Hambourg), Philharmonie de Paris, 2017

« Marie-Nicole Lemieux offre déjà toute la palette de son émotion et de ses douleurs dans une tessiture embrassant le contralto-mezzo. Porté par la phalange, le souffle immense de Marie-Nicole Lemieux passe de la colombe d’une mezzo rayonnante au deuil d’une contralto sépulcrale. Elle octavie même la note sur « linceul » : la prenant une octave plus bas, aux tréfonds de la tessiture. Après cette Villanelle (mélodie paysanne, danse rustique), Le Spectre de la Rose déploie l’ampleur du souffle et des graves, étirés, fantomatiques mais précis, aussi bien à l’orchestre qu’au chant. L’auditoire est plongé dans un unisson de sentiments, l’articulation d’une infinie délicatesse (…). Logiquement, Les Nuits d’été doivent être les plus courtes de l’année, mais ce concert propose plutôt d’apprécier la qualité des musiciens tout au long de la nuit polaire qui semble durer des jours entiers mais dont nul ne voudrait sortir. Surtout pas lorsque Marie-Nicole Lemieux conclut le cycle bras ouverts, en invitant le public à prolonger le voyage avec elle : « Où voulez-vous aller ? » L’émotion est alors au paroxysme, dans la salle comme sur la scène : la chanteuse et le chef s’étreignent longuement, front contre front, sous le triomphe du public. »  Charles Arden – Olyrix

« Le temps se suspendait, il y a une semaine à la Maison symphonique, lorsque Marie-Nicole Lemieux déclamait : « Que mon sort est amer ! Ah ! Sans amour s’en aller sur la mer ! » L’état quasi second qui sortait de tout son être, Marie-Nicole Lemieux allait le chercher loin dans ses tripes et son histoire. » Christophe Huss – Le Devoir

« Comme elle l’avait fait à Montréal, Marie-Nicole Lemieux a livré une interprétation sophistiquée et touchante des Nuits d’été, de Berlioz, démontrant son expérience et sa compréhension approfondie de la partition et de la psychologie d’une œuvre exigeante au climat poétique singulier, avec des côtés sombres. (…) À un stade aussi élevé de maîtrise technique, vocale et artistique, la chanteuse a la latitude requise pour exprimer les subtiles nuances que lui suggère le texte, raconter une histoire, et l’habiter. Elle le fait avec art. L’orchestre, qui a l’expérience du répertoire lyrique, enveloppe sa voix avec une admirable complémentarité. » Caroline Rodgers – Ludwig Van Montréal

«Contralto Marie-Nicole Lemieux, very much a singing actress, gave her most inspired performance of Berlioz’s Les nuits d’été in front of a crowd that actually understood the words.
La contralto Marie-Nicole Lemieux, aussi bien chanteuse que comédienne, a donné une interprétation unique et inspirée des Nuits d’été de Berlioz, face à un public qui comprenait chaque mot» Arthur Kaptainis – Myscena

« Le concert avait une configuration différente de celui de Montréal, mercredi dernier. (…) La chanteuse a merveilleusement parcouru les Nuits d’été, mais avec, cette fois une magie croissante sur Absence et Au cimetière (mélodies 4 et 5) : « On dirait que l’âme éveillée pleure sous terre à l’unisson de la chanson », en plein centre du registre, était, cette fois, le passage miraculeux. » Christophe Huss – Le Devoir

 

Shéhérazade – Ravel

Orchestre de Paris, 2019

« Pour sa première collaboration avec le chef, Marie-Nicole Lemieux est parfaitement à l’aise dans cette musique foisonnante et exigeante. Sa voix souple et chaude se plie à toutes les extrémités vocales jusqu’à une fière « Haine » à l’aigü triomphant. L’artiste, qui a confié adorer cette oeuvre qui lui permet de raconter des histoires, se délecte de chaque mot avec gourmandise. Avec un remarquable legato, elle semble murmurer à l’oreille du public. Complètement dans l’ambiance orientale de Ravel, la québécoise incarne de tout son corps le texte, y compris jusqu’à un très naturel et subtilement coquin déhanché dans L’indifférent quand elle évoque « la hanche légèrement ployée par ta démarche féminine et lasse… » Elle recueille une très légitime ovation d’un public sous le charme. » Denis Peyrat – Toute la culture

Symphonie n°3 – Mahler

Orchestre de l’Université de Montréal, 2019

« Marie-Nicole Lemieux est, au monde, l’une des grandes interprètes du 4e mouvement » Christophe Huss – Le Devoir

Symphonie « La Résurrection » – Mahler

Toronto Symphony Orchestra, 2019

« By the time we got to contralto Marie-Nicole Lemieux’s gorgeous, sublime singing of the solemn “Urlicht” fourth movement (…) Her strong voice (…) still carried well with solid tone and breath support as a metaphorical beacon of eternity calling out to everyone in the audience. » Stephan Bonfield – Ludwig van Toronto

Wesendonck-Lieder 

Orchestre Symphonique de Montréal, 2019

« Par la force de son inspiration, par sa capacité à alterner introversion et extraversion, par sa gestion de la puissance, par la perfection de sa diction, par sa musicalité hors pair, la chanteuse va mener le concert sur des cimes qu’il ne quittera plus. C’est que le génie de la contralto semble contagieux. »Dominique Joucken – Ludwig Van Montreal

 » Marie-Nicole Lemieux relève le défi avec brio : son timbre dense s’intègre parfaitement à la masse chaleureuse des cordes montréalaises, dialogue idéalement avec les chefs de pupitres – remarquable alto solo dans « Im Treibhaus » – ou s’élance sans effort au-dessus de l’orchestre, avec une puissance admirable. Sa voix de contralto permet des graves incandescents (« Schmerzen ») et elle pousse les notes aiguës sans se désunir »Tristan Labouret – Bachtrack

« Rayonnante, Marie-Nicole Lemieux sert une performance dominée par la sobriété et laisse sporadiquement place à plus d’expressivité et de lyrisme, trouvant ainsi un équilibre qui sied à l’art du concert. Sa voix profonde, chaude et homogène de contralto dessine des reliefs riches. Les piani sont détendus, spacieux et audibles sur toute sa tessiture et elle offre quelques aigus aux couleurs de mezzo-soprano qui conservent la facilité et la richesse de timbre de ses médiums. Les graves sont assumés, épais et pourtant d’une clarté naturelle. Sa gestion du souffle solide et sa capacité respiratoire lui permettent d’assumer des phrases particulièrement longues sans aucun effort visible ou audible. »Mathieu Sariman – Olyrix

« Quant à Marie-Nicole Lemieux, sans surprise, elle a été le temps fort du concert (qui aurait largement mérité de s’intituler « Marie-Nicole Lemieux chante Wagner ») notamment avec, au sein des cinq Wesendonck-Lieder, le diptyque des troisième et quatrième, Im Treibhaus et Schmerzen. À la profonde désolation, quasi blafarde, de la fin de la troisième mélodie (« un bruissement anxieux emplit la pièce sombre ») succède un élan lumineux parfaitement adossé à une orchestration qui sollicite davantage le haut du spectre (flûtes et trompettes).
L’ouverture toujours croissante des aigus de la chanteuse, alliée au cuivre naturel de sa voix, fait de ces Lieder un terrain de choix pour la chanteuse québécoise »Christophe Huss-Le Devoir

Falstaff – Mistress Quickly

Metropolitan Opera, New-York, 2019

« There were two major scene stealers on the night.
The first of these was mezzo Marie-Nicole Lemieux, who made her Met Opera debut earlier this year in “Pelléas et Mélisande.” (…) In “Falstaff,” especially in the role of Quickly, which seemed tailor-made for her talents.
Sporting a lush mezzo and a vast array of colors, you couldn’t miss a single thing she did. She seduced Falstaff throughout their scene together in Act two, flicking her foot as she uttered “Reverenza” and stripping off her coat in another moment. The music is placed low in a perfect middle register for the mezzo (…) Lemieux’s sound glowed throughout, making her seduce the audience with its lush legato. This was most present throughout “un angelo che innamora a guardar la.” She hounded him, making Maestri’s Falstaff look exceptionally uncomfortable (…). And you ate it all up; every movement, every vocal exaggeration, especially on her rich chest-voiced “Povera donna,” which were often accompanied by some other suggestive gesture toward Falstaff. (…) The audience exploded with laughter here at what was the ultimate diva moment of the night » David Salazar-Operawire

Deux scènes ont éclipsé les autres ce soir là
La première : celle de la mezzo Marie-Nicole Lemieux, qui a fait ses débuts au Met plus tôt cette saison dans « Pelléas et Mélisande ». (…) Dans Falstaff, le rôle de Quickly semble être écrit pour son talent.
Arborant un riche mezzo et une grande variété de couleurs, impossible de rater ses moindres faits et gestes. Elle séduit Falstaff durant leur scène ensemble dans l’Acte II, enchainant les révérences et se délaissant de son manteau un peu plus tard. La musique met parfaitement en valeur le registre médium de la mezzo, (…) Le timbre de Marie-Nicole Lemieux brille à travers toute la scène et séduit également le public avec son magnifique legato. Ce dernier étant encore plus présent dans « un angelo che innamora a guardar la ». Acculant Falstaff, elle met ce dernier au pied du mur et le public est captivé par chaque mouvement, chaque mise en emphase vocale, surtout lors de son « Povera donna », chanté avec un son riche et poitriné, le tout accompagné par des gestes suggestifs envers Falstaff. (…) Le public n’a pas caché ses rires à ce qui fut le dernier moment d’une diva dans cette soirée.

Canadian Opera Company, 2014

« But without a doubt, the stand out was the irrepressible Dame Quickly of Marie-Nicole Lemieux. One can easily see why the Québec contralto has had such an enormous success in Europe with this role, having sung it in London, Milan, Paris, and Vienna. Her repeated obeisance to Falstaff – “Reverenza!” – is worth the price of admission alone. » Neil Crory – Musical Toronto

« And what can one say about Marie-Nicole Lemieux‘s droll and unusually youthful Dame Quickly, except to say that her rich contralto and comic timing are priceless? » Joseph So, La Scena Musicale

« But Marie-Nicole Lemieux went the extra mile as Mistress Quickly, adding a broad and energetic humour to her gorgeous voice. » Robert Harris, The Globe and mail

« The other dominant part is that of Mistress Quickly, a role that ideally suits Marie-Nicole Lemieux’s bubbly personality and characterful voice. (And here is another welcome return – she was last here in Rodelinda back in 2005. » Michael Johnson, Concertonet

Opéra de Montréal, 2013

« Quant à Marie-Nicole Lemieux, elle campe une Mrs. Quickly qui a du caractère, efficace, drôle mais c’est surtout la qualité de son chant qui est à retenir. Son timbre riche de contralto fait des merveilles. Une voix unique, reconnaissable parmi toutes. De plus, elle a le diable au corps et c’est elle qui mène le jeu. Retenons la première rencontre avec Falstaff où elle n’hésite pas un moment à se glisser dans le lit de sir John ! Hilarant ! » Jacques Hétu – ResMusica

« Marie-Nicole Lemieux étant fort intelligente, elle se montre irrésistible, tout en ne tirant pas la couverture à elle. Cette Quickly est prophétesse chez elle par ses graves somptueux, mais aussi par sa maîtrise du personnage. » Christophe Huss – Opéra Magazine

Opéra National de Paris, 2013

« Autres débuts – sur la scène de l’Opéra, du moins – ceux de Marie-Nicole Lemieux dont la Mrs Quickly a déjà séduit par deux fois le public du Théâtre des Champs-Élysées, en 2008 et en 2010. La contralto québécoise, qui possède une vis comica innée, ne fait qu’une bouchée de ce personnage dont elle livre avec délectation une incarnation haute en couleur pour la plus grande joie du public. La voix est homogène et le grave opulent. » Christian Peter, Forum Opéra

« Ainsi la Mrs Quickly de Marie-Nicole Lemieux, réussit admirablement son coup, offrant sans doute au public de Bastille les meilleurs moments de chant de la soirée. » Patrick Georges Montaigu, ResMusica

Teatro alla Scala, 2013

« Marie-Nicole Lemieux è una Mrs. Quickly dalla splendida voce, tonante nel grave, ed è campionessa di ironia nella disinvoltura scenica da esperta attrice brillante. » Francesco Rapaccioni, Teatro.it

« La Quickly di Marie-Nicole Lemieux, comicamente autorevole nella sua parte di «Mercurio-femina», è magnifica sia nella recitazione sia nella voce » Michele Curnis – GB Opera

« La canadiense Marie-Nicole Lemieux fue una estupenda Mrs. Quickly, en una actuación muy divertida, en la que saca un gran partido de su orondo físico. Era evidente que se divertía y eso siempre se nota por el espectador. Vocalmente, es muy adecuada para el personaje. » Jose M. Irurzun, Beckmesser

Royal Opera House, Covent Garden, 2012

« it was left to the sumptuous contralto Marie-Nicole Lemieux to deliver the evening’s one truly successful performance as a goggle-eyed Hattie Jacques of a Mistress Quickly. » Rupert Christiansen, Telegraph

« Marie-Nicole Lemieux (Mrs. Quickly) tiene testa a Falstaff: intrigante, ironica, ha una voce rotonda e ruba la scena alle altre. » Benedetta Saglietti, Il Giornale della Musica

« while Mistress Quickly, fearlessly and comically overplayed by Marie-Nicole Lemieux with fruity voice and un-shy cleavage, steals the show. No one else would get away with it. » Fiona Maddocks, The Guardian

« Devenue indissociable du rôle de Mrs Quickly, Marie-Nicole Lemieux rayonne une fois de plus d’humour et de présence.» Chantal Cazaux, L’Avant-scène opéra

Pélléas et Mélisande – Geneviève

Metropolitan Opera, New-York, 2019

« Marie-Nicole Lemieux made her debut as Geneviève and showcased immaculate diction and a sturdy sound as she recited Pelléas’ letter to Arkel. »Operawire

Marie-Nicole Lemieux a fait ses débuts {au Metropolitan Opera} dans le Rôle de Geneviève et a pu mettre en valeur son impeccable diction et son timbre robuste »

« The contralto Marie-Nicole Lemieux, a well-known Rossini singer, was making her debut as the mother of Golaud and Pelléas; her rich dark sound luxurious in her brief appearances. »Bachtrack

La contralto Marie-Nicole Lemieux, connue comme une spécialiste du répertoire Rossinien, a fait ses débuts {au Metropolitan Opera} en tant que mère de Golaud et Pélléas ; son timbre riche et sombre a rendu somptueuses  ses brèves apparitions.

Sea Pictures (Elgar) et Nuits d’été (Berlioz) 

Auditorium de Bordeaux (Orchestre National Bordeaux Aquitaine), 2018

« Marie-Nicole Lemieux était programmée à l’origine pour Les Nuits d’été de Berlioz. La substitution des Sea Pictures, tellement plus rares en France, est très heureuse. Lemieux avec le maestro Paul Daniel et le superbe Orchestre National Bordeaux Aquitaine, font déferler dans l’Auditorium de Bordeaux les vagues de l’océan très Britannique d’Elgar, plein de grondements profonds, d’écume féerique et d’orages destructeurs. La contralto québécoise arrive sur scène, radieuse avec sa crinière rousse, son visage ouvert et joyeux. Au cours des cinq chansons du cycle, Lemieux incarnera la musique non seulement avec son instrument opulent, mais aussi son visage expansif, dont les expressions changeantes transposent et reflètent la peinture musicale. Sa voix est crémeuse dans les graves et opulente au milieu, mais prend feu en montant vers les aigus, devenant étonnante de couleurs et d’harmoniques.
Le cycle de ces cinq peintures marines évolue graduellement, du calme de la première berceuse (Sea Slumber Song) toute en pianissimi, vers l’excitant climax de la dernière (The Swimmer). Ainsi Lemieux commence-t-elle très doucement, et ne déploiera que très graduellement la plénitude de son instrument, gardant le meilleur pour la toute fin – un contre-la à faire trembler les murs et écraser l’orchestre pourtant tonitruant !
[…] L’énergie, l’intensité et l’engagement de Lemieux croissent au fil du cycle, pour finir en une explosion extatique, et la salle répond avec une ovation très enthousiaste. En bis, Marie-Nicole Lemieux et l’orchestre sous la baguette de Paul Daniel offrent le dernier mouvement du Poème de l’amour et de la mer  d’Ernest Chausson, « La mort de l’Amour », où la chanteuse semble entièrement à l’aise. Sa voix est mieux équilibrée avec l’orchestre. Un moment restera longtemps en mémoire, Marie-Nicole Lemieux en duo sublime avec le premier violoncelle, (Alexis Descharmes) à la toute fin. » Paula Gaubert – Ôlyrix

« […] la contralto s’amuse et nous embarque au gré du vent. Les dimensions de la ligne de chant ne baignent jamais dans l’excès : pas de surprojection, pas de surperformance. Elle incarne en quelque sorte les matelots en contact avec les flots (humbles, généreux, téméraires, inquiets) et celui, en superposition, d’une divinité marine (telle qu’imaginée par des mortels : colérique, émoustillée, majestueuse et instable) qui a la mainmise macrofluidique. « The Swimmer » rapporte sa scotchante virtuosité : le souffle vertigineux est mené jusqu’à la sécheresse de son terme pour reprendre de plus belle. Dans « Where Corals Lie », elle convie à une promenade sur un chemin généreux. En guise de bis, aperçu du Poème de l’amour et de la mer d’Ernest Chausson, qui sera lui aussi sur l’album : Marie-Nicole Lemieux déstructure le poème symphonique en mélodie, par l’acuité des mots et le tour de force vocal tout en nuances. » Thibault Vicq – Opera Online

 

Das Lied von der Erde, Mahler

Grand Théâtre de Québec (Orchestre Symphonique de Québec), 2018

« Celle que l’on comprend être l’initiatrice du projet, Marie-Nicole Lemieux, était notablement plus investie, et ce, dès que les premières notes se furent entendre. Même assise derrière Schade, paroles et partitions à la main, son visage exprimait bien la forte charge sentimentale des pièces. À partir de sa première prestation, Le solitaire en automne (Der Einsame im Herbst), le public, ainsi que le maestro Gabel, qui semblait particulièrement de connivence avec l’interprète, étaient conquis.
La soirée entière s’est soldée par un véritable succès, le public saluant énergiquement les musiciens, Gabel, Lemieux et Schade, en fin de parcours, ces derniers revenant par trois fois sur scène pour recueillir ses acclamations. » Jean-Sébastien Doré – Impact Campus

« L’oeuvre avait une qualité sismique, de celle qui donne l’impression que la Terre tremble. C’était notamment dû au travail des contrebasses, grondantes, et au contraste créé par la voix luminescente de Marie-Nicole Lemieux, que la flûte accompagnait dans le dernier chant comme la queue d’une comète.
[…] Le chant mélancolique Le solitaire en automne nous a permis d’apprécier la voix posée et la mine grave de Marie-Nicole Lemieux, en symbiose avec le travail plus fin des cordes et du hautbois. L’aura presque angoissante des deux premiers chants est balayée d’un coup par les trois suivants, où Michael Schade a révélé son côté guilleret et où la contralto a donné l’impression d’ajouter mille couleurs à son allemand en sourire de plein feu pendant toute la pièce.
On attendait, évidemment, L’adieu, le dernier chant presque aussi long que tous les précédents. La maîtrise vocale et l’émotivité fulgurante de Marie-Nicole Lemieux, portée par l’orchestre soigneusement dirigé par Fabien Gabel, créaient un amalgame d’une finesse et d’une portée crépusculaire. La lourdeur que peuvent avoir les compositions de Mahler est balayée d’un coup, on prend la mesure de la richesse des sonorités qu’il entremêle et du caractère éblouissant de la conclusion de sa recherche existentielle et philosophique. » Josianne Desloges – Le Soleil

Théâtre du Châtelet (Orchestre National de France), 2011

« La magnifique voix de la canadienne Marie-Nicole Lemieux, un rare vrai contralto, pour les deuxième, quatrième et sixième parties, émouvante et tout-à-fait à son aise. » Benjamin Duvshani, Concertonet

« Marie-Nicole Lemieux s’en tire indéniablement mieux de son côté ; sa voix ronde est d’une délicatesse et d’une sensualité réjouissantes, et l’auditoire tend l’oreille pour mieux la goûter. » Etiennes Comes, ResMusica

 

Samson et Dalila – Dalila

Théâtre des Champs-Élysées, 2018

« On savait, depuis son album intitulé « Ne me refuse pas » consacré à l’opéra français que le rôle de Dalila convenait à la voix de Marie-Nicole Lemieux. Les représentations qu’elle en a données à Montréal en 2015 l’ont montré ; le concert de ce soir le confirme de façon éclatante. Très élégante dans une robe jaune pâle assortie d’un châle en mousseline, la contralto québécoise propose une Dalila à la séduction vocale immédiate dans une incarnation sobre et convaincante. Le timbre est clair ce qui n’empêche pas la cantatrice d’exhiber un registre grave sonore et jamais appuyé. Afin de mettre en valeur la duplicité de son personnage, elle n’hésite pas à durcir son registre aigu pour mieux évoquer sa colère et sa soif de vengeance au cours de son duo avec le Grand Prêtre au début du deuxième acte avant de déployer des trésors de sensualité face à Samson dans l’air « Mon coeur s’ouvre à ta voix » qu’elle orne de délicates nuances. » Christian Peter –  Forum Opera

« Marie-Nicole Lemieux s’appuie pourtant sur sa diction parfaite et la densité de son incarnation théâtrale pour imposer sa vision du personnage : l’intensité de son regard rend inéluctable la défaite de Samson et celle de ses détracteurs. Son premier grand air, « Amour, viens aider ma faiblesse » lui donne l’occasion d’afficher un legato enjôleur et un vibrato fin et rapide, au milieu du bouillonnement des bois de l’orchestre. Puis vient son duo avec Samson et l’air « Mon coeur s’ouvre à ta voix », qu’elle prend sur un tempo lent (ce qui allonge les phrases musicales et l’oblige à déployer un souffle immense), paupières closes et la tête renversée en arrière. Elle y cisèle un trésor de nuances et un phrasé subtil et signifiant. Puis, après avoir caressé son amant, vient le moment de le battre pour obtenir son secret. Elle est alors fulminante, tremblant littéralement de tout son être, habitée. Un long frisson court dans la salle, qui libère une première ovation, dès l’entracte. » Damien Dutilleul – Ôlyrix

« Marie-Nicole Lemieux chante la prêtresse philistine depuis quatre ans. Elle n’a quasiment jamais le nez sur son pupitre, et cela lui permet d’exercer pléthore de tours de magie dus à son superbe timbre de contralto. Sa Dalila lorgne plus du côté de la manipulation que de la souffrance intérieure inavouable. Le jeu l’anime, à l’instar de la déformation des traits, la mouvance des repères et l’effet des oscillations vibratoires. Elle réussit à faire croire aux simulacres et sculpte un imaginaire lointain par la richesse de sa projection et de ses intentions. Elle gagne sans égratignures le match contre Samson à l’acte II en exacerbant un soft power qui monte, allié d’une musicalité permanente. Dalila ou la diva guerrière. » Thibault Vicq – Opera Online

« Face à lui, Marie-Nicole Lemieux se présente en digne héritière d’une Pauline Viardot pour qui était écrit le rôle, bien qu’elle ne l’interprètera jamais intégralement. La diction elle aussi impeccable s’allie à une ligne de chant pure (…). La sensibilité du finale de l’acte I et de l’air Printemps qui commence étale la finesse de chant, le suivant dès le début de l’acte II exposant le spectre haut jusqu’à l’aigu porté avec puissance, quitte à dénaturer la ligne pour y monter. Le duo envoûté expose une femme véritablement touchée face à l’aura d’un Samson que personne ne pourrait remettre en cause lorsqu’il lui prend la tête entre les mains aux doux mots de « Je t’aime ». » Vincent Guillemin – Resmusica

Opéra de Montréal, 2015

« Glorieuse Dalila. Pour son 35ème anniversaire, l’Opéra de Montréal s’est offert la prise de rôle de Marie-Nicole Lemieux en Dalila. Et il est évident que les scènes du monde entier vont désormais s’arracher la contralto canadienne dans ce rôle, qu’elle a su aborder au bon moment de son évolution vocale. » Christophe Huss – Opéra Magazine

« Marie-Nicole Lemieux, une Dalila au port altier

La contralto Marie-Nicole Lemieux a les qualités requises pour devenir une grande Dalila. Vocalement, ce rôle arrive à point nommé dans sa carrière. La voix est impressionnante et déploie un éventail de sentiments sans forcer le trait. (…) la force du chant est à couper le souffle. » Jacques Hétu – ResMusica

« C’est avec une grande fébrilité que le public de l’Opéra de Montréal attendait cette nouvelle production de Samson et Dalila, qui permet à Marie-Nicole Lemieux d’ajouter à son répertoire un rôle dont elle offre un portrait envoûtant et qu’elle marque de sa forte personnalité. On ne sait quoi admirer le plus chez sa Dalila, du timbre chaud d’une voix aux très riches harmoniques, du legato exceptionnel ou de la sensualité quasi troublante d’un chant extraordinairement raffiné. À la fin du premier acte, elle parvient à suspendre la salle tout entière à ses lèvres avec un « Printemps qui commence » d’anthologie, presque susurré, d’une extrême séduction. (…) le duo avec le Grand-Prêtre et surtout la grande scène avec Samson sont absolument magistraux. Ensorcelant, « Mon cœur s’ouvre à ta voix » ne laisse d’autre choix au chef des Hébreux que de capituler devant tant de beauté et d’ardeur… » Louis Bilodeau – L’Avant-Scène Opéra

« The company placed great stress on the debut of Marie-Nicole Lemieux as Dalila. She sang with radiant tone and musical refinement. Mon coeur s’ouvre à ta voix was a soft exercise in seduction rather than a showpiece, and the paean to spring in Act 1 was beautifully poised. Yet this diva could summon harsher sounds in her wicked moments and belted out quite a “lâche!” at the wavering Samon in Act 2. It was a complete portrayal » Arthur Kaptainis – Montreal Gazette

« The one exception, and the chief attraction of the OdeM’s present production, is the first Dalila of the internationally renowned mezzo-soprano, Marie-Nicole Lemieux. One of Québec’s most treasured cultural exports, she totally dominated proceedings on opening night. Her Dalila was more driven than a mere “femme fatale”. This Dalila seduced principally through vocal sensuality (…). The vocal opulence, musicality, range of colour and nuance, as well as the sensibility and implication with which she imbued her Dalila, more than made up for rare moments of uncertain focus and driven tone. “Amour viens aider ma faiblesse” was beautifully scaled and well negotiated but it was in “Mon cœur s’œuvre à ta voix” that Lemieux showed true poetry and a superb sense of line, phrasing and mezza-voce. More important, she succeeded in creating a psychologically compelling character. This was a most impressive first performance of a role that is likely to become an increasingly important part of her active repertoire. » Richard Turp – Bachtrack

« Lemieux made a satisfying role debut as Dalila; she is a natural for the part. Her Dalila was more lovely than venomous, she still found the needed edge for a fine duet with Gregory Dahl, grandly villainous as the High Priest, and kept it for a powerful seduction scene with Samson, the best moment of the night. It culminated in a brutal “lâche!” that was hurled like a spear. » Lev Bratishenko – Opera News

 

Un Ballo in maschera – Ulrica

Hessiches Staatstheater Wiesbaden, 2018

« Lemieux was luxury casting as Ulrica and gave us a scene-stealing cameo.  She made the most of that full, chocolatey bottom and the penetrating top seems to have acquired additional touch of metal. »
Opera traveller

Théâtre de la Monnaie, 2015

« Désormais habituée aux rôles de sorcière, Marie-Nicole Lemieux qui brilla cet été à Salzbourg en Azucena, incarne avec beaucoup de maîtrise une Ulrica souveraine, insolente, à qui personne ne résiste. » Claude Jottrand – Forum Opera

« De son côté, Marie-Nicole Lemieux prête ses moyens puissants et ses graves impressionnants à une Ulrica Arvidsson d’un grand relief » Emmanuel Andrieu – Opera Online

« Pour Ulrica, revoici Marie-Nicole Lemieux, forte personnalité bien connue du public bruxellois. (…) la contralto évolue avec aisance dans ce rôle qu’elle interprète pour la première fois: l’engagement théâtral, entier, et la voix, charpentée, forcent l’admiration. Brève mais intense, son apparition ravive le souvenir de sa Sphinge dans Oedipe en 2011. » Sébastien Foucart – Concertonet

« Molto aggressiva invece l’Ulrica di Marie-Nicole Lemieux, decisamente a suo agio nei panni della maga, caratterizzata da un timbro vocale piuttosto scuro e una presenza scenica eccezionale. »
Giuseppe Fasanella –  Operaclick

 

Le Poème de l’amour et de la mer, E. Chausson

Philharmonie de Paris, 2018

« Sur le si beau Poème de l’amour et de la mer composé par Ernest Chausson (1855-1899) sur des textes de Maurice Bouchor (1855-1929) et animé ici par l’Orchestre philharmonique de Radio France (direction Vasily Petrenko), Marie-Nicole Lemieux peut se laisser porter, filant ses sons pianissimo pour ne les laisser enfler qu’en fin de phrase, mais largement, en vibrato comme en volume. Son grave qui part et retourne à la voix de poitrine dramatique forme la coque de son navire vocal. Preuve de l’impressionnante largeur (et largesse) de sa tessiture, le programme la définit comme soprano alors que sa maison de disque la nomme contralto ! Son medium est toujours tendu d’intensité à dessein, soulignant le pathos du « son lamentable et sauvage« , « l’adieu« , « la sombre clameur des flots« . Un effet qui se fait intensité à mesure que monte l’angoisse, que sombre dans la mer l’amour amer et mort à jamais. » Charles Arden – Ôlyrix

Orchestra dell’Accademia Santa Cecilia, 2013

« Pour rendre justice à cette pièce, il faut une chanteuse d’exception capable d’en parcourir une tessiture assez large. La Canadienne Marie-Nicole Lemieux se révèle d’une rare éloquence et son registre grave est de toute beauté. L’orchestre accompagne la chanteuse avec soin et le pupitre des violoncelles que Chausson met souvent en relief, est particulièrement inspiré. » Antoine Leboyer, Concertonet

 

Requiem de Verdi

Orchestre Symphonique de Montréal, 2018 

« La soirée a donc commencé avec Marie-Nicole Lemieux se sortant les tripes dans le Requiem de Duruflé pour rendre hommage à Jacqueline Desmarais, qui a promu beaucoup d’autres chanteuses et chanteurs… Au-delà du professionnalisme, on appellera cela de la noblesse et de la grandeur d’âme.

Cette situation inattendue n’était qu’une bouchée apéritive par rapport à la suite. Car Marie-Nicole Lemieux a géré en « gentlewoman » sa présence dans un quatuor qu’elle dominait nettement. (…)  Marie-Nicole Lemieux, elle, a la voix parfaite : celle d’Azucena du Trouvère (…) Eh bien, Marie-Nicole Lemieux, qui a déployé, en solo, dans le Liber scriptus ses énormes ressources (et montré ce qu’est un soliste de Requiem de Verdi), a pondéré sa voix dans tous les duos et ensembles (…). Quelle noblesse, encore. Quelle soirée de la part de cette grande dame ! » Christophe Huss – Le Devoir 

 

Concert Bernstein

Accademia di Santa Cecilia, 2018

« È nel terzo movimento, quando un mezzosoprano – la voce pura ed emozionante di Marie-Nicole Lemieux – intona in ebraico alcuni capitoli delle Lamentazioni di Geremia, che emergono il dono melodico di Bernstein e la sua enorme comunicativa, che sa parlare direttamente all’ascoltatore e toccargli il cuore.» Mauro Mariani – Giornale della Musica

 

Jephta – Storgè

Opéra Garnier, 2018

« Marie-Nicole Lemieux est une Storgè à l’excessivité parfaitement assumée, agitée de spasmes, et dosant superbement ses effets. Elle captive dans chacune de ses interventions par son art souverain de la déclamation. » Guillaume Saintagne – Forum Opéra

«Cette douleur grandiloquente, Marie-Nicole Lemieux la porte avec son habituelle ferveur : art de la déclamation, multitude des effets, intensité dramatique pour maintenir à chacune de ses interventions une douleur vibrante. » Charlotte Saulneron – ResMusica

«Comme en Cassandre, en Suzuki et à son habitude, Marie-Nicole Lemieux incarne Storgé (femme de Jephtha et mère d’Iphis) en se tordant de douleurs dès sa première note, mais comme à son habitude, cet investissement dramatique ne l’empêche nullement de déployer la longueur et la générosité d’un souffle riche en résonances et harmoniques, jusque dans ses visions hallucinées d’Iphis avec la gorge tranchée (rappelant une jumelle du film Shining) et culminant en intensité dans le grand air « Scenes of horror » » Charles Arden – Ôlyrix

«Lemieux gave us a heartfelt interpretation, showing a total commitment to the character. Her acting and desperation (…) turned out to be prophetic at the end. Her « Scenes of horror » gave me goosebumps.
Lemieux a interprété son personnage avec sincérité, se montrant totalement dévouée à sa cause. Son jeu et son désespoir (…) se sont révélés être prophétiques à la fin du spectacle. Son air « Scenes of horror » m’a donné des frissons.» Laura Servidei – Bachtrack

«Le sens de théâtralité naturel de Marie-Nicole Lemieux fait merveille en Storgè qui traverse l’œuvre comme Cassandre, le regard rivé sur un futur funeste. Dans Scene of Horrors où elle projette mentalement une Iphis, la gorge tranchée, elle donne corps avec un réalisme saisissant aux craintes et visions du personnage par une voix ample et généreuse.» Brigitte Maroillat – Opera Online

«Marie-Nicole Lemieux presque expressionniste en mère douloureuse» Emmanuelle Giuliani – La Croix

« La distribution vocale, réduite à six rôles dont l’épisodique Ange final, serait du même ordre, lisse et sans accroc (…) En phase pareillement, la Storgé de Marie-Nicole Lemieux et le Zebul de Philippe Sly, comme on s’en serait douté » Pierre-René Serna – Concertclassic.com

«Marie-Nicole Lemieux (son épouse Storgé, la Clytemnestre de l’histoire) ose une emphase qui (…) donne aux « Scenes of horror » un aplomb fulgurant. » Luca Dupont-Spirio – Diapason

« Marie-Nicole Lemieux poursuit l’incarnation des prophétesses : sa Storgé visionnaire, protectrice et rebelle, donne le frisson. » Bertrand Bolognesi – Anaclase

« Marie-Nicole Lemieux incarne une Storgé éplorée, dévastée par la mort inéluctable de sa fille (…) » Philippe Venturini, Les Echos

« La Storgé de Marie-Nicole Lemieux n’est que douleur »  P.V., Classica

« La révolte et la fureur de la Storgé de Marie-Nicole Lemieux, qui joue autant de son tempérament de tragédienne que de son impressionnante tessiture, rappellent celles de sa récente Cassandre dans Les Troyens de Berlioz.  » Sophie Bourdais – Télérama

« Parmi les voix si justement écorchées soutenant la tension dramatique et les déboires des protagonistes, la contralto canadienne, Marie-Nicole Lemieux dans le rôle de Storgé, l’épouse du rôle-titre, conquiert tous les honneurs acoustiques de la salle du Palais Garnier.  » Aline Le Bail-Kremer – L’Arche

 « Marie-Nicole Lemieux est une Storgé (la mère éplorée d’Iphis) puissante et simplement parfaite dans les deux airs de contralto « Scenes of horror, scenes of woe » et « First perish thou » » Yaël Hirsch – Toute La Culture

«  La figure de Marie-Nicole Lemieux, si maternelle, tellement proche de sa fille (scène 5, acte I), habitée dans ses imprécations (scène 3, acte II, « Of all our love, this one dear child, for thee To be her murderer? No, cruel man! »), ne comprenant pas son mari (…). » Gilles Kraemer – Le Curieux des Arts

« Après la voix au timbre haut et métallique du ténor Ian Bostridge, la voix de mezzo pleine et riche en vibrato de Marie-Nicole Lemieux, avec des tons presque inquiétants dans ses couches les plus profondes,  qui s’expriment avec force sonore, tout particulièrement dans l’air « Scenes of horror, scenes of woe » et à nouveau dans son désespoir enragé envers le voeu de Jephta : « First perish thou! and perish all the world! ». » Alexander Jordis-Lohausen – Opera Point

« Lemieux donna une interprétation sincère, faisant montre d’un engagement total envers son personnage. Son jeu et son désespoir paraissaient exagérés au début, mais se révélèrent ensuite prophétiques. Ses « Scenes of horrors » m’ont donné la chair de poule. » Laura Servidei – Backtrack

« La contralto canadienne Marie-Nicole Lemieux était tout particulièrement émouvante en Storgé, avec une voix puissante et de remarquables qualités dramatiques » James L. Paulk – Classical Voice North America 

 

Les Troyens – Cassandre

Warner Classics (CD), 2017

« La première partie tourne autour de Cassandre, prophétesse impitoyablement lucide, aussi peu écoutée par ses concitoyens qu’un spécialiste du dérèglement ­climatique égaré à Washington. La contralto canadienne Marie-Nicole ­Lemieux en donne une interprétation terrible et bouleversante. » Sophie Bourdais – Télérama

« C’est dans le même esprit que Marie-Nicole Lemieux aborde Cassandre, avec cette énergie noire et cette densité sans partage, sans concession. Vocalement (…) elle donne à son personnage quelque chose de marmoréen, comme une rage contenue et affleurante qu’on n’oubliera pas. » Sylvain Fort – Forum Opéra

« À l’issue des quatre heures d’écoute, une seule chose vient à l’esprit: enfin, on l’a, notre version tant attendue de ces intimidants Troyens de Berlioz! La présence et prestance de Marie-Nicole Lemieux est capitale dans la réussite de l’entreprise, car la prêtresse Cassandre qu’elle incarne jusqu’à la transe met la table pour tout l’opéra (…) elle porte littéralement sur ses épaules le Ier acte, soit la première heure de l’oeuvre. » Christophe Huss  – Le Devoir

« Marie-Nicole Lemieux’s electrifying delivery of Cassandra’s first warning »
« Performance électrisante des premières prédictions de Cassandre par Marie-Nicole Lemieux ». Andrew Clements – The Guardian

« A key strength is the casting of French-speaking singers in so many roles. That list is headed by Marie-Nicole Lemieux, who throws herself uninhibitedly into Cassandre’s doom-laden prophecies ».
« Le recrutement de chanteurs français pour de nombreux rôles constitue un point fort dans ce casting. En tête de liste Marie-Nicole Lemieux, qui se jette corps et âme dans l’interprétation des sinistres prophéties de Cassandre. » Richard Fairman – Financial  Times

« Marie-Nicole Lemieux donne vie à une Cassandre impressionnante d’humanité et de densité tragique » Alain Huc de Vaubert – Resmusica

Orchestre Philharmonique de Strasbourg, 2017

« Que vienne une Cassandre, que vienne une Didon… » : Si l’on en croit les réseaux sociaux, le voeu formulé par Hector Berlioz alors qu’il composait Les Troyens semble avoir été exaucé hier soir, samedi 15 avril, à Strasbourg. Du moins en ce qui concerne la princesse troyenne chantée par Marie-Nicole Lemieux, l’heure tardive de fin de représentation ayant rendu moins nombreux les avis sur l’interprétation de la reine carthaginoise par Joyce DiDonato. « Incandescente et poignante Cassandre de Marie-Nicole Lemieux », commentait sur Twitter la journaliste culture de La Croix, Emmanuelle Giuliani, à la fin de la première partie. Commentaire parmi de nombreux autres, tous unanimes pour souligner la performance réalisée par la mezzo-soprano canadienne dans cette version de concert du chef d’œuvre de Berlioz servie par une distribution exceptionnelle. »

« En Cassandre enfin, Marie-Nicole Lemieux transforme l’essai marqué en 2010 avec son album d’airs français « Ne me refuse pas », dans lequel elle chantait l’air de… Didon. A un rôle qu’Anna-Caterina Antonacci au Châtelet en 2003 a gravé dans le marbre, celle qui s’est longtemps présentée comme contralto réussit à apposer une empreinte tout aussi indélébile même si différente, non pas de marbre comme sa consœur italienne mais de chair, une chair ardente nourrie de ses propres angoisses face à une partition dévorante, abreuvée des larmes qu’elle laisse échapper débordée par ses propres émotions. Cassandre maternelle par la rondeur de la voix, pyromane par la puissance et la longueur du trait, sacrée tragédienne par la clameur du public d’autant plus démonstratif au moment des saluts qu’il lui a fallu contenir son enthousiasme durant le concert en raison de la présence de micros. L’enregistrement prévu par Warner ne saurait être compromis par des applaudissements intempestifs. Vivement sa sortie ! » Christophe Rizoud – Forumopera

« Avec le rôle de CassandreMarie-Nicole Lemieux touche à la limite de ces moyens vocaux […]. Mais loin de lui nuire, cela apporte à son interprétation un supplément d’engagement, de désespoir, une sorte de folie suicidaire qui convient bien au personnage. Magnifique de legato dans sa cavatine « Reviens à toi, vierge adorée », le Chorèbe racé de Stéphane Degout se met à la même altitude en termes de puissance et d’intensité et leur duo explosif comble les attentes. » Michel Thomé – Resmusica

« The deluxe cast delivered in spades. As CassandreMarie-Nicole Lemieux was in voluptuous voice, hardening her mezzo tone where necessary. Although there was no stage action, Lemieux really committed, stabbing herself with an imaginary sword to avoid the marauding Greeks at the end of Part I. If there had been any scenery, Lemieux would have chewed it to bits. […] » Mark Pullinger – Bachtrack

« Autre prise de rôle, la Cassandre de Marie-Nicole Lemieux. Le personnage a trouvé sa chanteuse et la chanteuse son personnage. Possédée par la musique de Berlioz et par les angoisses de la prophétesse troyenne, l’artiste donne tout, infiniment généreuse. Plus l’action précipite les Troyens vers l’abîme et plus l’expression gagne en douleur éperdue, en noblesse blessée, en vaine sagesse. Graves de bronze, médium charnu et aigus au vibrato ample mais maîtrisé… le « matériau » est magnifique et l’intensité de l’actrice bouleversante. » Emmanuelle Giulani – La Croix

« À Marie-Nicole Lemieux appartient la première partie du drame et la cité de Troie. Avant même d’entrer sur scène, son visage est fermé, blessé, meurtri, déchiré des souffrances de Cassandre qu’elle incarne. Elle tremble d’effroi en conservant toujours un absolu lyrisme. Avec son articulation remarquable, elle inonde la salle d’une voix aussi puissante qu’expressive, en des graves charpentés déchirés par ses aigus expressifs. La contralto émeut visiblement le public et ses collègues sur scène. Cette voix est sublimée par des expressions et gestes d’actrice. Ces Troyens sont une version « de concert », le qualificatif est factuellement correct, mais l’incarnation vocale et scénique de tous les chanteurs-acteurs est digne d’une éloquente mise en scène.
Lemieux est Cassandre, électrisée, écarquillée de visions apocalyptiques. Écartant des bras tendus, possédée, elle projette l’aigu final du premier acte. Le public est crucifié. Il reste quatre heures de spectacle. Marie-Nicole Lemieux se rassied et vide sa bouteille d’eau d’un trait. Elle offrira une performance tout aussi sublime à la fin de l’acte II, se poignardant et finissant en larmes sous l’ovation debout durant deux immenses rappels. » Charles Arden – Olyrix

« Qu’allait donner le contralto de Marie-Nicole Lemieux en Cassandre (…) ? Le meilleur d’elle-même : registres soudés, vibrato maîtrisé, aigus solides, ligne tenue. Même au plus fort de ses visions douloureuses, la fille de Priam n’a pas entaché son phrasé de vérisme douteux. » Didier van Moere –  Avant-Scène Opéra 

« C’est ensuite au tour de Cassandre, ici Marie-Nicole Lemieux, de se faire entendre. Avant même que le chant ne débute, le visage de la cantatrice est fermé, comme rongé de l’intérieur, tel son personnage. Ainsi, sans avoir encore ouvert la bouche, elle est déjà Cassandre et le restera de bout en bout, offrant voix, chair et âme à la sœur d’Hector. Ses lèvres trembleront, et l’on oublie vite qu’il ne s’agit là que d’un concert tant l’incarnation est intense, allant jusqu’à se frapper lorsque viendra l’heure de se donner la mort. La voix est quant à elle celle qu’on lui connait et qui fait la réputation de la contralto / mezzo-soprano, atteignant naturellement les aigues tout en offrant ces graves exceptionnelles dont elle sait ne pas abuser malgré leur beauté et leur profondeur veloutée. Les larmes couleront après la première partie, au moment des saluts, nous laissant voir une Marie-Nicole Lemieux vidée, semblant avoir plongé jusqu’au plus profond d’elle-même pour y chercher tout ce qu’elle pouvait donner. Le public, frustré de ne pas avoir pu applaudir la cantatrice plus souvent (enregistrement oblige) se déchaîne ici, se levant, lui faisant un véritable triomphe amplement mérité. Une immense Cassandre est née. » Elodie Martinez – Opera Online

« Dans le rôle de Cassandre, le contralto québécois Marie-Nicole Lemieux offre un portrait saisissant de son personnage, qu’elle aborde avec une énergie qui emporte tout sur son passage, notamment dans ses imprécations à la fin du II « Thessaliennnes ! ».  » Emmanuel Andrieu – Classiquenews

« Quand on prend Les Troyens dans l’ordre, et qu’on entend La Prise de Troie au début, comme il convient, quel effet autrement profond fait Marie Nicole Lemieux ! La concentration du timbre ne nous trompera pas. Elle pourrait se contenter de vocaliser son rôle. Mais elle le chante. Le moindre mot vit de son propre sentiment poétique, comme Berlioz en rêvait. Qu’à cela elle ajoute ce que Rimbaud appelle un « monceau d’entrailles », et que plus réalistement on pourrait appeler de telles tripes, dans un engagement, une défonce héroïque de soi-même, et le choix se fait aussitôt. La protagoniste femme des Troyens, c’est elle.  » André Tubeuf – L’Oeil et l’oreille

 

Tancredi – Rôle-titre

Théâtre de La Monnaie, 2017

« Tancredi, rôle travesti de contralto surprend aussi par son aisance. L’auditoire est marqué par une Marie-Nicole Lemieux à la voix étoffée, ronde et sensible. Une très belle maîtrise de la partition, interprétée avec de belles libertés personnelles, qui rendent le drame de Tancredi universel. D’autant que sa présence sur scène, malgré l’épure des décors environnants, communique des émotions extrêmement efficaces et perceptibles. » Soline Heurtebise – Ôlyrix

« Quant à Marie-Nicole Lemieux, perchée sur ses escarpins noirs, vêtue d’un immense manteau de soie damassée et surmontée d’un chignon rouge, elle campe le Tancredi le plus improbable du monde, elle est pour tant l’âme de la production, par son engagement (elle chante de mémoire), par la beauté de sa voix, par son envergure artistique et par la dimension favorable et protectrice (liée au rôle, il est vrai) qu’elle fait régner sur le plateau. A quoi s’ajoute, d’un point de vue plus technique, la fusion miraculeuse avec la voix de son amante Amenaide. » Martine D.Mergeay – La Libre Belgique

« Marie-Nicole Lemieux, une des grandes titulaires du rôle-titre, livre avec son engagement habituel une saisissante composition de Tancrède. Cette contralto au tempérament affirmé en impose par sa voix, solidement campée, dans les graves comme dans les aigus, qu’elle décroche avec vaillance, en soudant parfaitement les registres. » Sébastien Foucart – ConcertoNet.com

« Marie-Nicole Lemieux, au delà d’un ébouriffant et très attendu « Di tanti palpiti », a démontré son aisance suprême dans ses duos, comme celui avec Amenaide à la fin du premier acte. » Bruno Peeters – Crescendo

« Mais nous n’en sommes pas encore au dénouement quand, d’un pas martial – une veste de soie sur le dos et juchée sur des talons-aiguilles –, Marie-Nicole Lemieux prend possession des lieux. Le récitatif commence. Hypnotique et magistral. Chaque mot compte. Lemieux cisèle le texte comme si c’était du Duparc. » Camille de Rijck – Forum Opéra

Théâtre des Champs-Elysées, 2014

« Quelle est donc cette mystérieuse alchimie qui préside à l’accord idéal de deux voix ? Pourquoi notre oreille se délecte-t-elle ainsi de la fusion entre le timbre argentin de la soprano Patrizia Ciofi et les sonorités mordoréesde la mezzo Marie-Nicole Lemieux ? Comme autrefois Montserrat Caballé et Marilyn Horne, voici deux chanteuses magnifiques qui « font équipe » pour hisser leur art sur les cimes de l’Olympe lyrique. (…) Artiste généreuse, voix ample et facile sur l’ensemble de la tessiture, Marie-Nicole Lemieux a considérablement peaufiné l’unité entre les divers registres de sa voix, du plus grave aux aigus dardés comme de chevaleresques épées. Il faut (…) se laisser emporter par une musicalité sans affectation qui convient si bien au tempérament mélancolique de Tancrède. » Emmanuelle Giuliani, La Croix

« L’absolu est atteint par le couple d’amoureux : Marie-Nicole Lemieux et son timbre riche et charnu, la ductilité de ses traits, sa présence scénique culminant dans une mort suspendue d’une grande beauté. » Marie-Aude Roux, Le Monde

« Ce sont les deux rôles principaux qui font le prix de la soirée. La contralto canadienne Marie-Nicole Lemieux met en valeur les sentiments tourmentés du rôle-titre, cet amoureux d’Amenaide banni de Syracuse depuis sa jeunesse, par une ligne de chant à la fois noble, ductible et parée de mille couleurs ». Philippe Venturini, Les Echos

« Marie-Nicole Lemieux dans cette prise de rôle réussit son passage au Rossini serio. Le chant, d’une sobriété bienvenue, n’a pas besoin de s’inventer des notes pour répondre aux exigences de la partition. La voix est longue, égale, déliée, la ligne tenue, l’accent prenant. « Di tanti palpiti » (de tant d’émois), cette aria di sortita qui fit le succès de l’opéra, est interprété avec l’ardeur juvénile qui convient. C’est pourtant la scène finale que l’on retient, auquel sied un dénuement dont Marie-Nicole Lemieux devrait faire plus souvent usage. Ce Tancredi existe aussi scéniquement, crédible dans son complet gris ou sa tenue d’officier avec cette barbiche rousse » Christophe Rizoud – Forum Opéra

« La prestation la plus impressionnante, celle qui se détache du reste, c’est l’incarnation de Tancredi par Marie-Nicole Lemieux. Complètement travestie en homme, méconnaissable, la grande mezzo-soprano a créé l’illusion : le public ne s’est pas demandé à un seul instant ce qu’il devait penser du rôle (le héros masculin de l’opéra étant, sur scène, une femme), Tancredi était présent devant les spectateurs, animé par la fougue, débordant d’amour pour sa promise et bouillonnant de haine contre son rival. Son timbre chaleureux et sa technique impeccable se mêlaient harmonieusement au chant coloré de Patrizia Ciofi, qui jouait Amenaide. » Julie Jozwiak,Bachtrack

« La prise de rôle de la contralto canadienne était attendue. Tube de l’opéra, son air d’entrée « O patria… Di tanti palpiti… » montre la chanteuse à son meilleur, phrasant avec noblesse, sachant varier les couleurs mais se refusant à tout excès dans l’ornementation… (…) Jusqu’à la mort du héros, que Marie-Nicole Lemieux rend bouleversante. » Philippe Thanh, La Lettre du Musicien

« On attendait surtout, à vrai dire, le duo Patrizia Ciofi et Marie-Nicole Lemieux. Elles n’ont pas déçu (…) La mezzo canadienne (…) privilégie une conception très intériorisée du rôle, Tancrède victime du destin et de lui-même. Mais l’élégance du phrasé, la noblesse de l’incarnation emportent l’adhésion, la mort du héros, par sa sobriété dans le tragique, suscite l’émotion. » Didier van Moere, Concertonet

« Pour lui donner la réplique, Marie-Nicole Lemieux est une partenaire idéale. Les timbres des deux femmes se marient de façon parfaite, culminant dans un sublime duo d’amour au deuxième acte. Le rôle de Tancredi, surtout dans le finale tragique de Ferrare, donne lieu à très peu de déchaînements pyrotechniques, et la contralto est magnifique de sobriété et d’émotion contenue » Catherine Scholler – ResMusica

« Premier Tancredi pour Marie-Nicole Lemieux et nouveau succès : phrasé avec art et délicatesse par une voix de bronze chaleureuse et généreuse, ce héros déborde d’une humanité bouleversante. » Michel Parouty, Diapason

« La Lemieux sfoggia una vocalità ricca, duttile e offre dei momenti pregevoli soprattutto nel canto misurato e nell’espressione lirica e patetica (la scena di sortita «Oh patria … Di tanti palpiti» strappa l’applauso fragoroso del pubblico). Si apprezza in lei, inoltre, la scelta di abbellire in maniera parca i recitativi e le arie. » Giovanni Andrea Sechi, L’Ape Musicale

 

Carmen – Rôle-titre

Théâtre des Champs-Elysées, 2017

« C’est donc avec frénésie et curiosité que le public attend sa généreuse diva.
Et il n’est pas déçu. Dès son entrée, elle est la vraie gitane ensorceleuse, sensuelle et vénéneuse. Elle déploie une voix superlative taillée exactement pour le rôle, un grand mezzo avec de riches graves naturellement faciles, puissants et toujours ronds. La prononciation de notre langue est plus qu’impeccable et son interprétation incroyable. Elle a pensé et pesé chaque mot, chaque interjection. Marie-Nicole Lemieux est inégalable dans les dialogues parlés. Elle vit l’action qui la consume de façon inouïe. De plus, elle troque facilement son accent québécois pour un français idéal. L’on reste ébahi par la composition du personnage de la Zingara, loin de la veine comique qu’on lui connaît et qu’on aime chez elle. Elle peut être câline, amoureuse, méprisante ou terriblement déterminée. À ce titre, son affrontement final avec le Don José extraordinaire de Michael Spyres est un sommet absolu. Fixant le spectateur droit dans les yeux, le couple maudit fascine, émeut aux larmes. » Michel Slama – Anaclase

« Marie-Nicole Lemieux apporte à Carmen le charme rare d’un vrai timbre, avec ses ambres et ses ombrages, et sa clarté pénétrante. Les mots sont soignés jusqu’à l’exquis. Habanera parfaitement détaillée. » André Tubeuf – L’Oeil et l’oreille

« On a pu lire que Marie-Nicole Lemieux estimait ne pas avoir tout à fait le physique du rôle. Allons, allons !… Carmen est d’abord une affaire de voix, évidemment, mais aussi de personnalité. Et de la personnalité, Marie-Nicole Lemieux n’en manque pas. Elle est donc loin d’être ridicule. C’est même tout le contraire !
Lemieux ne tente naturellement pas de singer les incarnations de ses consœurs. Elle n’est pas une Carmen ténébreuse et mystérieuse mais met à profit ses atouts pour incarner une bohémienne finalement très crédible. D’abord charmeuse et mutine aux deux premiers actes, jouant presque la fausse ingénue, elle se transforme de manière sidérante entre les actes II et III. Progressivement, elle se métamorphose en véritable fauve, jusqu’à une scène finale absolument saisissante de tension croissante. Dans le dernier duo (C’est toi ?), elle se tient immobile pendant presque 10 minutes, le corps progressivement secoué de spasmes. Et il faut l’entendre lancer son dernier Laisse-moi passer, mâchoire serrée, crispée par la colère, et terminer par un Tiens ! vociféré, effrayant, à  la limite du rugissement hystérique. Le silence absolu qui se fait dans le théâtre (même les tousseurs se sont tus) manifeste la qualité d’écoute d’un public tétanisé. On n’espère plus qu’une chose : que Marie-Nicole Lemieux incarne enfin ce rôle dans une vraie production scénique. » Laurent Amourette – Classicagenda

« Prise de rôle impériale de Marie-Nicole Lemieux dans Carmen au Théâtre des Champs-Elysées
Le timbre chaud et rond de Marie-Nicole Lemieux crée une Carmen à la fois sensible et autoritaire, capable d’inspirer la crainte autant que l’amour. Véritable ôde à l’indépendance, son interprétation vocale et son jeu d’actrice si spontané ont su rendre grâce au personnage. Des graves rompus aux articulations appuyées, sa voix ample et sombre donnait d’autres couleurs au personnage de Carmen, traduisant ainsi les différents états émotionnels qui la traversent dans sa recherche et son refus simultané de l’amour au profit d’un désir incandescent et passionnel. » Maeve da Cruz – Bachtrack

« Le rôle de Carmen, de par sa tessiture, requiert des aigus amples de soprano dramatique et les graves puissants d’un contralto, ce que Marie-Nicole Lemieux (qui nous avait déjà soufflé la semaine précédente dans Rodelinda à Versailles) parvient à réaliser grâce à sa voix riche, son timbre exceptionnel et une technique parfaite. La Carmen de Lemieux est unique, non conventionnelle, évitant les clichés (pas de jupe à relever, pas de postures aguicheuses). Son interprétation est subtile. Grâce à une palette sonore impressionnante, elle fait évoluer son personnage tout au long de l’œuvre. La Habanera est toute en délicatesse, la Séguédille aux aigus brillants, le trio des cartes fait entendre de magnifiques sons de poitrine, l’intensité vocale est à son paroxysme dans le duo final. Ses intentions de jeu émanent de la musique et nous touchent de par leur sincérité. Son énergie débordante entraîne ses partenaires dans le jeu. Marie-Nicole Lemieux confiait en interview : « Je n’imagine pas qu’aujourd’hui un metteur en scène veuille monter une Carmen ayant mon physique ». Après cette soirée, on souhaiterait vivement que l’un d’eux ait cette audace ! » Frédérique Epin – Ôlyrix

« On attendait de voir ce que Marie-Nicole Lemieux, véritable contralto au tempérament volcanique, allait faire du personnage de la cigarière. D’entrée, la Habanera donne le ton. Point d’histrionisme vocal, mais un souci de la ligne de chant, une attention portée aux mots, et surtout une projection, une couleur, un sens dramatique qui font un air des cartes et surtout un duo de l’acte IV poignants. » Philippe Thanh – La Lettre du musicien

« L’un des événements attendus cette saison au Théâtre des Champs-Elysées se tenait les 31 janvier et 2 février : l’une des plus belles voix actuelles, la contralto Marie-Nicole Lemieux incarnait pour la première fois de sa carrière un rôle majeure, celui de Carmen, qui plus est sur une scène française.
Marie-Nicole Lemieux, que l’on attendait exubérante et fougueuse fait un choix très intéressant en optant pour une Carmen finalement plus édulcorée, plus posée, tempérée, presque plus « humaine » ou moins hors norme que la plupart du temps. Un choix risqué mais magnifiquement assumé, le tout dans une diction et une articulation sans faille (et même sans aucun accent dans les parties parlées). […] Le duo final entre les deux amants est quant à lui d’une rare – et exemplaire – puissance, une rage exceptionnelle, un déchirement profond ou s’entremêlement les sentiments des personnages et où les artistes font éclater tout leur talent de tragédiens, à commencer par Marie-Nicole Lemieux. Elle nous confiait lors de notre rencontre évoquée plus haut : « C’est ma nature, j’ai l’impression que si je ne donne pas tout, les gens ne m’aimeront pas… ». Qu’elle se rassure : le triomphe qu’elle a reçu au moment des saluts lui a montré à quel point le public français l’aime et a aimé sa Carmen. » Elodie Martinez – Opera Online

 

Rodelinda – Bertarido

Opéra Royal de Versailles, 2016

« Pour tenir un rôle écrit pour un castrat, il faut des… tripes. Ces dernières années, on a souvent eu recours à des contre-ténors pour succéder à Senesino, mais c’est un régal que de retrouver enfin une mezzo. Et pas n’importe laquelle. On pouvait craindre que la fréquentation assidue du répertoire verdien ne fatigue ou n’alourdisse l’organe de Marie-Nicole Lemieux : rien de tel, heureusement, et la Québécoise n’a rien perdu de l’abattage qui était le sien lorsqu’on la découvrit dans Orlando furioso. Fermeté d’accents, rugissement de douleur, poitrinage du grave : rarement Pertharite, roi des Lombards, aura étalé une virilité aussi conquérante, qui arrache le personnage à toute passivité gémissante. Quand il faut passer à la virtuosité, c’est tout le corps de Marie-Nicole Lemieux qui entre en vibration, avec un résultat visuellement saisissant. Et quand la chanteuse se lâche sur le son, elle remplit d’un seul coup tout le volume de l’Opéra royal de Versailles. » Laurent Bury – Forum Opéra

«Marie-Nicole Lemieux n’est pas en reste. Dans le rôle de Bertarido, le mari de Rodelinda, elle déploie un chant habité, mettant à contribution chaque muscle de son visage, chantant parfois les dents serrées, exprimant tantôt la colère, la haine ou la joie (elle exécute alors une véritable danse malicieuse, plissant un œil, réjouissant le public). Émettant de riches graves depuis le fond de sa gorge pour en accroître l’intensité, enchaînant des phrases en legato avec des notes piquées, elle signifie ainsi les revirements d’humeur de son personnage, de l’espoir au désir de vengeance. Lorsqu’elle étale la puissance de ses aigus, elle obtient un long ban d’applaudissements chaleureux du public. » Damien Dutilleul – Ôlyrix

 

Œdipe – The Sphinx

Royal Opera House – Covent Garden, 2016

«  Marie-Nicole Lemieux gives a delicious cameo as the sphinx emitting some gloriously eerie sounds perfectly matched by the sound of a musical saw in the orchestra. » William Hartston – Express

«  Marie-Nicole Lemieux descends like Tina Turner in a heavenly aeroplane for her cameo as the seductive Sphinx. » Mark Valencia – What’s on stage

« Horror follows swiftly as Oedipus defeats the malevolent Sphinx (the splendid contralto Marie-Nicole Lemieux, who emerges snarling from an antique fighter plane). » Clare Colvin – Express

« Apariţia “excepţională” a Marie-Nicole Lemieux în rolul Sfinxului. »
Apparition «exceptionnelle» de Marie- Nicole Lemieux dans le rôle de la Sphinge.
Vasile Andreica – Informatia Zilei

« Marie-Nicole Lemieux, who takes on the Sphinx’s ferociously difficult lines with aplomb, swooping up and down through the extremes of the range, and creates a real flesh-and-blood character out of the agent of fate. » David Karlin – Bachtrack

« […] and Marie-Nicole Lemieux as the Sphinx all stand out » Sam Smith – Opera Online

« Marie-Nicole Lemieux was terrifically unnerving as the Sphynx, letting rip a fearful Sprechgesanghowl as she died to an iridescent glissando on musical saw. Indeed, the uncanny orchestration and microtonal nuances formed an aural ‘nightmare’, but and it is a credit to Lemieux that the Sphynx’s so evident agonies won the sympathy of the audience. » Claire Seymour – Opera Today

« Marie-Nicole Lemieux was terrific as the sphinx, in her World War 2 fighter plane. Taunting and malicious, even in defeat and death she brought a sense of glee as she clearly understood Oedipe’s destiny. » Robert Hugill – Planet Hugill

« Un Sphinx impressionant de Marie-Nicole Lemieux au Royal Opera House Covent Garden. Notre contralto nationale a été impressionnante dans ce rôle, aussi modeste qu’exigeant, et a révélé à nouveau son grand talent dramatique. Elle a été d’ailleurs été fort applaudie par mes voisins et voisines au balcon du Royal Opera House! » Robert Turp – Le blogue lyrique

Théâtre Royal de la Monnaie, 2011

« Marie-Nicole Lemieux, qui reçoit une ovation grâce à sa brève mais étonnante incarnation de la Sphinge – son apparition constitue un moment des plus impressionnants. » Sébastien Foucart – Concertonet

« on saluera tout particulièrement l’extraordinaire Sphinge de Marie-Nicole Lemieux » Nicolas Blanmont – La Libre

« And it really takes off when the sphinx (Marie-Nicole Lemieux in a show-stealing performance as a tortured Janis Joplin rock star) rises from the eerie cockpit of a vintage fighter plane. » Francis Carlin – Financial Times

 

La Passion selon saint-Matthieu (Bach)

Maison Symphonique de Montréal, 2016

« Fait surprenant, Marie-Nicole Lemieux chantait en allemand par cœur, regardant très peu souvent ses textes en main. Le débit et la fluidité de sa voix, son assurance aussi, ont fourni quelques moments de pur bonheur. Elle a l’aura qui appartient aux plus grandes. » Gilles G. Lamontagne – Sors-tu

 

Requiem (Verdi)

Philharmonie de Paris, 2016

« La partie de mezzo-soprano est la plus développée des quatre parties solistes, Verdi a réservé ses plus belles pages à cette soeur vocale d’Amneris et d’Eboli. Marie-Nicole Lemieux s’y est montrée superlative, renversante, vocalement opulente (quels graves !), tour à tour voluptueuse (Liber scriptus), puissante, ou recueillie (sa ligne de chant dans le Lacrymosa est d’école). Elle a su en outre avec intelligence adapter son chant à celui de ses partenaires, notamment dans le Recordare où son duo avec la soprano était miraculeux d’équilibre suspendu. » Julien Marion – Forum Opéra

Zürich (Tonhalle), 2011

« Of the soloists, the most impressive was Marie-Nicole Lemieux who gave a flawless reading of the mezzo/alto part with a big (…) voice in all registers. » John Rhodes, Concertonet

 

Trovatore – Azucena

Chorégies d’Orange, 2015

« Marie-Nicole Lemieux […] livre un chant d’une parfaite efficacité, ardent et puissant, tout en créant une Gitane très humaine, moins « sorcière » qu’à l’habitude. » José Pons – Opéra Magazine

Salzburger Festspiele, 2014

« Donnant tout d’elle-même, Marie-Nicole Lemieux met elle aussi la salle à ses pieds » Emmanuel Dupuy, Diapason

« D’un tempérament irrisistible et d’une splendide couleur de timbre, Marie-Nicole Lemieux est une percutante Azucena. » François Lehel, Opéra Magazine

« Comme stimulée par sa partenaire, l’autre diva de la soirée n’est pas moins remarquable : Marie-Nicole Lemieux campe Azucena avec une conviction tout simplement éblouissante, vivant avec intensité, avec intelligence chaque situation, totalement investie dans son rôle, tant vocalement que scéniquement. Ses moyens vocaux sont gigantesques, la richesse du timbre – ici aussi –  allant de paire avec une virtuosité sans faille. Tour à tour terrible et tendre, émouvante de bout en bout, elle donne une consistance dramatique à chacune de ses interventions, et sera d’ailleurs saluée par le public à l’égal de la soprano, ce qui est en soi une performance ! » Claude Jottrand – Forum Opéra

 

 

 

L’Italiana in Algeri – Isabella

Théâtre des Champs-Elysées, 2014

« Au meilleur de sa forme, Marie-Nicole Lemieux maîtrise toutes les ressources de son art, joue de son vibrato avec une aisance confondante, assombrit sa voix aussi vivement qu’elle fermerait les yeux, fait éclater ses aigus comme des gerbes. Il y a une telle générosité chez cette artiste que c’est elle avant tout qu’on retiendra de cette Italiana in Algeri donnée au Théâtre des Champs-Élysées » Christian Wasselin, Webtheatre

« Marie-Nicole Lemieux, il est vrai au mieux de ses éclats, Isabella pétulante, y compris dans ses minauderies (parfois excessives) et son décolleté plongeant, dispensée à travers une colorature sans faille, un alto profond et une parfaite égalité de tessiture. » Pierre-René Serna, Concertclassic

« En février 2012, à l’Opéra national de Lorraine, Marie-Nicole Lemieux abordait le répertoire rossinien et obtenait un triomphe avec une pétulante Isabella de L’Italiana in Algeri. Deux ans plus tard, au TCE (coproduction avec « Les Grandes Voix »), en concert cette fois, don débarrassée des contraintes d’une mise en scène, elle est saluée, au finale, par les applaudissements tonitruants d’une assistance en délire.
Comment résister à cette présence incendiaire, chevelure rousse flamboyante, robe de lamé or dont le bustier est pour le moins indiscret ? Comment ne pas admirer cette aisance qui permet à la chanteuse une complicité ans égale avec ses partenaires et avec le public, qu’elle manipule comme elle le veut mais toujours avec une gentillesse désarmante, y compris lorsqu’elle rate son entrée ? De même on reste sous le charme d’un chant qui passe de la virtuosité la plus débridée (la cabalette qui suit « Cruda sorte ! », enlevée illico presto avec un aplomb renversant) à une douceur envoûtante (« Per lui che adoro »), et d’un timbre moelleux et chaleureux.
Mais le public, ce soir, n’a d’yeux et d’oreilles que pour Marie-Nicole Lemieux, laquelle ajoute un chapitre brillant à l’histoire d’amour qui la lie aux Parisiens. » Michel Parouty – Opéra Magazine

Opéra National de Lorraine, 2012

«  C’est, bien sûr, Marie-Nicole Lemieux qui crée l’événement. (…) Sa voix est ample,sonore, homogène sur toute la longueur, pleine et généreuse dans le registre grave, insolente dans l’aigu (…). Quant à la présence scénique, elle est foudroyante; son Isabella déborde d’énergie, n’a aucune peine à jouer les séductrices (…) Une victoire pour les féministes! De toute évidence, la bouillonnante Canadienne vise désormais les grands contraltos, auxquels le Pesarais a consacré des pages inoubliables.» Michel Parouty – Opéra Magazine

« Succédant in loco à Lucia Valentini-Terrani, qu’elle nous a confié profondément admirer, Marie-Nicole Lemieux aborde pour la première fois le rôle d’Isabella et réussit d’emblée une incarnation mémorable. La tessiture plutôt grave du rôle convient parfaitement à sa voix de contralto, cependant non dénuée d’aigus, sa forte personnalité emporte tout. Elle use de ses graves plantureux et de ses formes généreuses pour camper un personnage drôlissime et truculent. Irrésistible ! » Michel Thomé, ResMusica

« l’Opéra national de Lorraine offre à Marie-Nicole Lemieux sa première Isabella. Comme d’habitude, la contralto québécoise ne s’économise pas et a plus d’un tour dans sac : elle joue de son physique, accumule les mimiques, se déplace prestement, interagit avec ses partenaires de façon naturelle et, de surcroit, déploie un chant techniquement supérieur, fermement tenu et aux registres diversifiés. » Sébastien Foucart, Concertonet

Le plateau s’en donne à cœur joie, à commencer par Marie-Nicole Lemieux. Pouvait-on s’attendre à moins de la part d’une Mrs Quickly qui plus d’une fois a fait de l’ombre à Falstaff même ? Du tempérament à revendre, et un physique qui ne passe pas inaperçu, voilà ce qu’il faut à Isabella, qui les mène tous par le bout du nez, et fait sa propre loi jusqu’au fin fond de nulle part. Avec cela la rousseur d’une Rita Hayworth aux rotondités voluptueuses. Et surtout un contralto idéalement truculent.
Car bien plus que les travestis baroques, haendéliens ou vivaldiens d’ailleurs, la vocalité rossinienne flatte un instrument au potentiel immense. Dans le haut du registre, le timbre s’épanouit naturellement, d’une sensualité diaprée, quand le grave tonne, poitriné avec une irrésistible gouaille. Les agilités coulent de source, tour à tour langoureuses et facétieuses, tandis que le cantabile témoigne d’une tenue belcantiste – malmenée ailleurs par excès d’énergie héroïque – tout bonnement renversante. » Mehdi Mahdavi, Altamusica

 

Salomon, Rôle-titre

Violons du Roy, Québec & Montréal, 2014

« Marie-Nicole Lemieux, as Solomon, provided a performance of vocal and musical distinction, but what was revelatory was her dramatic range and level of characterization. From her opening accompanied recitative “Almighty Power”, Lemieux provided a dazzling vocal display of unequivocal beauty. Armed with a limpid legato, intuitive musicality, expertly shaped and shaded phrasing and an awe-inspiring palette of expressive colours, she was almost operatic in her ability to sustain a character throughout the oratorio’s duration. Most impressive was her wondrous Act I aria, “Haste to the cedar grove” in which she plumbed every possible emotional level. » Richard Turp, Bachtrack

 

Petite Messe Solennelle, Rossini

Théâtre des Champs-Elysées, 2013

« l’Agnus Dei, cet adieu vibrant de Rossini à la voix de contralto, aurait fendu des pierres. » Christophe Rizoud, Forum Opéra

« Parecía imposible mantener el nivel de atención del público y de entrega y magisterio técnico y estilístico de Antonacci en su O salutaris hostia (núm. 6 y penúltimo), pero Lemieux lo consiguió en el final absoluto, ese Agnus Dei que Rossini reservó a uno de sus registros más amados y que, tal vez, haya sido su despedida de la voz humana: qué regalo espléndido a la humanidad y qué ejecución radiante. ¿Sería posible, digo yo, que alguien pensara en reunirlas para una Ermione? » Jorge Binaghi, Mundo Clásico

« Fort heureusement, nous fûmes sauvés de ce destin funeste par la compassion et l’amour de Marie-Nicole Lemieux, à qui revenait de conclure l’œuvre avec le chœur dans l’Agnus Dei. Restée sobre jusqu’alors, elle est soudainement toute en imploration pour que le pêché soit enlevé du monde, et elle réalise avec une charge émotionnelle sidérante la synthèse du religieux et du lyrique, portée par un orchestre et un chœur en état de grâce. Une performance d’autant plus remarquable qu’il s’agissait pour la contralto de sa première interprétation de cette œuvre en concert. » Jean-Christophe Le Toquin, ResMusica

 

Il Trittico – Zia Principessa & Zita

Theater an der Wien, 2012

« Straordinaria Maria-Nicole Lemieux (Zia Principessa e Zita). Vero contralto, ha mostrato una voce timbratissima e omogenea, in grado di non farsi schiacciare da certe intemperanze della direzione d’orchestra. » Angela Martin, GB Opera

 

Giulio Cesare – Rôle-titre

Théâtre des Champs-Elysées (Version Concert, Complesso Barocco), 2012

« chaque intervention des uns ou des autres a été applaudie, voire ovationnée par un public sans cesse plus enthousiaste au fil de la soirée, Marie-Nicole Lemieux a tout emporté sur son passage. On ne compte plus la variété des répertoires dans lesquels le contralto canadien triomphe, que ce soit dans Vivaldi, le répertoire français du XIXe siècle ou même, comme encore récemment, dans Gustav Mahler. Ce soir, elle nous aura de nouveau gratifié d’une technique vocale éblouissante (à tel point d’ailleurs que toute notion de technique s’en trouve gommée!), doublée d’un sens du théâtre évident. La fureur de l’air «Empio, dirò» (acte I), la beauté surnaturelle du célèbre «Va tacito» (magnifiquement accompagné par le corniste) ou de l’air «Se in fiorito ameno prato» (acte II, scène 2) où s’instaure un dialogue incroyable avec le violon parfait de Dmitry Sinkovsky, son duo conclusif avec Cléopâtre «Caro, Bella» (scène ultime de l’acte III): autant de moments où l’on reste bouche bée tant la beauté et la justesse de l’incarnation sont évidentes. »

« le César bouillonnant de Marie-Nicole Lemieux. (…) C’est la seule qui se lâche vraiment, la seule aussi qui connaît suffisamment son rôle pour oser détourner les yeux du pupitre et plonger dans ceux de sa partenaire. Bien sûr, à force d’entendre Marie-Nicole Lemieux, nous finissons par la connaître et même, à travers ses sourires conquérants, ses airs de défi ou ces ahanements sauvages qui surgissent à la fin des airs de bravoure, par la reconnaître, car la cantatrice se fond moins dans son personnage qu’elle n’exprime sa personnalité. (…) Depuis Sarah Connolly à Glyndebourne (MacVicar/Christie), summum d’élégance et de fantaisie, nous n’avions pas entendu de « Se in fiorito » aussi ludique et jouissif. » Bernard Schreuders, Forum Opéra

 

Orlando Furioso – Orlando

Théâtre des Champs-Elysées, 2011

« Marie-Nicole Lemieux est étonnante, stupéfiante même. Magistralement contrôlé, le chant affronte toutes les difficultés, virtuosité, legato, dynamique, avec une justesse expressive qui va bien au-delà de la simple démonstration. Les souffrances de ce « furioso » attendriraient les pierres ; la scène finale, proche de l’hallucination, est l’un des moments les plus forts de la saison lyrique en cours. » Michel Parouty – Opéra Magazine

« Voile de soie au charme direct et opulent, la contralto québécoise fascine autant par sa voix au timbre si indéfinissable que par sa générosité un peu gouailleuse. […] Fraîche, énergique, captivante, elle libère sur scène un tempérament et une volupté communicative qui vous mettront sans résistance dans sa poche » Olivier Olgan – Le Figaro

« Dans le rôle titre, Marie-Nicole Lemieux dans une forme olympique (…) « est » Orlando et réalise une authentique performance tant physique que vocale. Rarement a-t-on vu une chanteuse s’identifier à ce point avec un rôle, s’y couler comme dans une seconde peau, souffrant à en devenir folle avec une telle crédibilité. Toutes les ressources de la voix – et elles sont conséquentes – sont mises à contribution à des fins dramatiques et Marie-Nicole Lemieux n’hésite pas alors à enlaidir l’émission, à grossir le grave, à recourir au parlando. Clairement, la mezzo-soprano tient là un des rôles, sinon le rôle, de sa vie. » Michel Thomé, ResMusica

« Marie-Nicole Lemieux a voulu assurer la première – ou quand l’héroïsme de l’interprète se confond avec celui du rôle ! Sa performance n’en est que plus incroyable, convoquant, au-delà même du livret, la prodigieuse figure inventée par l’Arioste : la bête humaine qui sommeille en Roland se devine dès ses premières envolées (« Nel profondo », « Sorge l’irato nembo »), avant-goût de l’explosion délirante qui transforme la fin du deuxième acte et le troisième en pur moment de théâtre. Vivaldi et son librettiste Braccioli consacrent un traitement exceptionnel à la folie d’Orlando, elle se développe sur plusieurs scènes pour atteindre à une démesure à peine entrevue chez Porpora ou, plus tard, chez Haendel. (…) sa composition embrasse les mille et un visages du paladin et dévoile une énergie, une aisance scénique peu communes chez les artistes lyriques. » Bernard Schreuders, Forum Opéra

 

Concert d’Airs d’Opéra Français

Théâtre des Champs-Elysées, Orchestre National de France, 2010

« En choisissant un programme voué à l’opéra français, Marie-Nicole Lemieux fait un pari audacieux et annonce la volonté d’orienter sa carrière vers un autre répertoire que celui de la musique baroque où elle a jusqu’à présent triomphé. Elle pourrait ainsi combler un manque incontestable et redonner des couleurs à un répertoire quasiment à l’abandon.

(…) Attaquer sans préambule aucun un concert par l’air d’Odette du Charles VI d’Halévy peut être considéré comme une suprême audace frisant la provocation. Mais, superbe musicienne, Marie-Nicole Lemieux n’est pas du genre à tergiverser et elle part au combat avec une bravura de vraie prima donna.
(…) L’expérience semble bien concluante. Les moyens sont là, tant pour la couleur de la voix que pour sa taille, laquelle ne fera que se développer et s’enrichir à la pratique de ces musiques.
La voix de Marie-Nicole Lemieux est naturellement riche en harmoniques, (…) les moyens s’imposent bien au-delà de personnages comme la Geneviève de Pelléas ou même la Mrs Quickly de Falstaff.
L’air de Néris de la Médée de Cherubini, Connais-tu le pays de Mignon, la scène des Lettres de Werther sont abordés avec vaillance et beaucoup d’intelligence musicale. Mignon et Werther notamment bénéficient déjà d’une approche quasi idéale, avec une technique très maîtrisée qui permet à la cantatrice de ne donner toute sa voix que lorsqu’elle le souhaite. Elle possède en particulier un art des sons piano et mezza voce rare aujourd’hui, ce qui lui permet de phraser avec élégance et raffinement.
Sans doute, Carmen lui convient-il moins bien alors que Dalila, donné en bis, semble complètement dans la direction de ce qu’elle tente désormais. Le souffle est ample, le haut de la tessiture vaillant, la couleur et la matière de la voix très adaptés a priori à ces héroïnes un peu orphelines en des temps où la plupart des mezzos et prétendus altos dramatiques ont des voix aussi claires que celles des sopranos, exception faite de quelques artistes des pays de l’est.
Un disque correspondant à ce programme placé sous la baguette de Fabien Gabel et où l’Orchestre national a été un partenaire de luxe en charge de quelques discrètes pages symphoniques a été enregistré. Il servira de jalon dans cette carrière passionnante et en pleine évolution. » Gérard Mannoni, Altamusica

« Marie-Nicole Lemieux, c’est une voix et un cœur, pourrait-on dire en allusion à l’extrait de Samson et Dalila qu’elle interprète en bis de ce récital parisien et dans lequel elle est aujourd’hui sans rivale. De sa voix, on a déjà dit tout le bien qu’on pensait lors de la parution de Ne me refuse pas, son enregistrement d’airs d’opéras français. Le programme de la soirée en reprend sept des onze titres. Sur la scène comme au disque, on retrouve cet art de la diction qui, dans le répertoire français pour nous francophones, est indispensable. Contrairement à la plupart de ses consœurs contralto (…), le volume ne souffre pas d’un orchestre à l’effectif fourni dont Fabien Gabel maitrise parfaitement l’intensité sonore, réservant ses effets les plus spectaculaires aux seuls passages instrumentaux. Ajoutées à la puissance, l’ampleur autant que la largeur légitiment le choix d’un répertoire qui, pour les voix de cette tessiture, compte peu d’élues. Les graves, même au plus bas de la portée, semblent naturels. La scène d’Odette dans Charles VI, choisie avec audace pour ouvrir le tour de chant, en offre les meilleurs exemples. Un vibrato savamment contrôlé sur toute la longueur empêche l’aigu d’osciller. Les coups de boutoir qu’assène à plusieurs reprises l’air des lettres (Werther) ne le fait pas vaciller. Le timbre moiré garde, dans ses reflets changeants, toute son opulence. C’est précisément ce velours qui rend incomparable « mon cœur s’ouvre à ta voix ». Est-ce lui aussi qui fait de la romance de Mignon, « Connais-tu le pays », un pur moment de grâce ? Pas seulement. Intervient là ce cœur  que nous placions pour commencer à l’égal de la voix. Une sensibilité généreuse qui donne à la musique d’Ambroise Thomas l’intelligence que lui refusait Berlioz. On sent, chez Marie-Nicole Lemieux, les sentiments affluer telle l’eau bouillonnante de la source. Contrôlés la plupart du temps, ce qui donne à son chant ce frémissement rare, elle les laisse parfois jaillir comme lorsqu’emportée par la « danse bohème » de Carmen, présentée ici dans sa version instrumentale, elle bondit de sa chaise pour en chanter avec l’orchestre les dernières mesures. Une même vitalité parcourt la « Habanera ». (…) Enfin, on le redit car les couplets de la migraine de La fille du tambour-major  – dédiée par Marie-Nicole Lemieux à toutes les femmes dans la salle – le confirment, les talents comiques de la chanteuse, un mélange gourmand d’espièglerie et de bonne humeur, sont une mine d’or que les directeurs d’opéras seraient inspirés d’exploiter. » Christophe Rizoud, Forum Opéra

« Le Théâtre des Champs-Elysées est plein alors que le programme n’est, sur le papier en tout cas, peut-être pas aussi immédiatement attractif qu’une symphonie de Beethoven ou de Mahler… (…) Marie-Nicole Lemieux, que l’on a déjà entendue aussi bien dans le répertoire baroque que dans les symphonies de Mahler ou Pelléas et Mélisande de Debussy, révèle ici des talents insoupçonnés aussi bien de chanteuse que de comédienne, talents qui n’avaient peut-être jamais été aussi éclatants.
(…) Marie-Nicole Lemieux incarne magnifiquement la figure d’Odette, inspirée du personnage historique d’Odette de Champdivers, qui fut la maîtresse du roi Charles VI et qui semblait être la seule à pouvoir calmer ses accès de folie, dans un air tourmenté qui, à partir d’une délicate césure orchestrale annoncée par les deux flûtes et un cor, devient beaucoup plus apaisé avant de se conclure sur une note totalement enflammée. (…)
Cherubini était ensuite à l’honneur avec un extrait son opéra le plus célèbre, Médée (…). L’extrait est justement célèbre pour mettre en valeur, en premier lieu, non la voix, mais le basson qui inaugure le passage dans une douloureuse introduction, véritable écrin où Marie-Nicole Lemieux peut ensuite se glisser en toute quiétude. Ecoutée par un public attentif et silencieux comme rarement, elle émeut de bout en bout, révélant des talents de tragédienne hors de pair.
Aujourd’hui, la programmation des œuvres d’Ambroise Thomas se fait rare, même si plusieurs scènes françaises programment de temps à autre Hamlet ou Mignon. (…) L’air choisi par Marie-Nicole Lemieux, «Connais-tu le pays?», permet à la jeune chanteuse de jouer là encore sur la diversité des climats, passant de la douce nostalgie instaurée par la flûte solo à la douleur sentimentale («Hélas!… Que ne puis-je te suivre vers ce rivage heureux») avant de retrouver une atmosphère bienfaisante («Connais-tu la maison où l’on m’attend là-bas»). L’Orchestre national de France, dirigé par un Fabien Gabel à la gestique toujours aussi martiale, est excellent, bénéficiant d’une finesse absolument exceptionnelle de la part des instrumentistes.

(…) Tout autre est le climat de «Qui m’aurait dit la place», tiré de Werther (…). La transparence orchestrale accompagne merveilleusement Marie-Nicole Lemieux qui, plus que dans tout autre air du concert, se révèle plus tragédienne que chanteuse, l’effroi se muant finalement en désespoir total. Là aussi, triomphe attendu et inévitable.
Enfin, comment conclure un tel concert sans rendre hommage à Carmen (…). Même si les deux extraits orchestraux furent enthousiasmants (Marie-Nicole Lemieux se mettant même à chantonner et à tournoyer sur scène lors de la «Danse bohème»!), c’est surtout la fameuse «Habanera» qui est à marquer d’une pierre blanche, la cantatrice québécoise jouant d’un air (et d’un ton) mutins, délicieusement pervers, qui envoûtent l’assistance comme rarement.
Face à un tel triomphe – le mot n’est pas trop fort – Marie-Nicole Lemieux, riante, d’une fraîcheur et d’une simplicité rares, et Fabien Gabel se devaient de donner un bis: ce fut l’air «Mon cœur s’ouvre à toi», extrait de Samson et Dalila (1877) de Saint-Saëns. Enthousiasme renouvelé des spectateurs! » Sébastien Gauthier – Concertonet

« On ne présente plus Marie-Nicole Lemieux, qui, dans Vivaldi, Brahms ou Fauré, a marqué les auditeurs par son timbre aux reflets fauves. Du récital qui vient de paraître chez Naïve, on n’entendra en fait que les airs les plus célèbres, en dehors de la belle scène de Charles VI. On s’en console vite cependant. Le chant allie l’exactitude au naturel et les mots, fermement posés, lui assurent un relief que l’accompagnement de bonne tenue, mais assez plat, ne renforce guère. La souplesse d’une voix pourtant considérable et la maîtrise du registre aigu lui permettent de rendre justice à la grande scène de Halévy, qui enchaîne un récitatif tourmenté, une cantilène digne de Bellini et une partie rapide héroïque. (…) «Connais-tu le pays ?» est un succès total, accompagné avec délicatesse : le fondu des couleurs de chaque strophe est admirable, le mœlleux du legato et la beauté du timbre font le reste. (…)

.La scène de Werther est superbe, malgré des attaques peu nettes de l’orchestre : les lettres sont récitées de façon touchante, comme si Charlotte les connaissait par cœur, et la strophe finale emporte par son ardente simplicité. «Je me sens prête», déclarait il y a quelques mois Marie-Nicole Lemieux à propos de Carmen. Indéniablement, elle crée un personnage, et si cette Carmen semble plus taquine que dangereuse, ses ports de voix ironiques sont un enchantement. Après la Danse bohème et un somptueux air de Dalila, Marie-Nicole Lemieux se retire aux accents de «J’ai la migraine». Le public, lui, est aux anges. » Olivier Mabille – ResMusica

 

Récitals

Goethe-Baudelaire – Tournée avec Daniel Blumenthal

Salle Bourgie, Montréal 2018

« Marie-Nicole Lemieux possède un pouvoir qu’ont peu d’interprètes: celui de toucher une corde sensible que chacun de nous garde soigneusement enfouie derrière les aspects plus mondains de la vie, et de tirer une larme au moment où l’on s’y attend le moins. […] Son récital pour lancer la saison d’Arte Musica, à la salle Bourgie, relevait du grand art.

En première partie, l’allemand : Schumann, Schubert (merveilleuse Marguerite au rouet qui donne la chair de poule), Beethoven et Hugo Wolf. Les pièces choisies évoquent pour la plupart des personnages, elles racontent des histoires. La chanteuse se glisse dans ces peaux et vit ces histoires en conjuguant un talent d’actrice à son talent vocal, passant d’une atmosphère à l’autre en une fraction de seconde. Il est fascinant de voir ses mimiques évoluer au gré des mots, un froncement de sourcil, un regard, un sourire, une moue, la gamme des émotions qu’exprime ce visage semble contenir le monde. Tout son langage non verbal ajoute une grande valeur à la musique.

La voix. Charnue, fruitée, souple, divine et particulièrement délicieuse dans les notes longues qui respirent la vie, animées d’une présence et d’une intention musicale qui ne fléchit pas.

C’est souvent dans ces longues notes que parfois, en une fraction de seconde, tout bascule. Tandis que se déploie un vibrato subtil, à la fois libre et dosé, soudain, un instant furtif et indéfinissable nous chavire. L’émotion passe d’elle à nous, nous transperce par une sorte de magie. C’est un art de communiquer et de toucher l’auditeur allant bien au-delà des prouesses vocales, un art raffiné qui trouve un terreau fertile dans l’intimité du lied et de la mélodie. À son grand sens musical qui vient à la fois du travail, de l’expérience et de l’instinct, s’ajoutent une intelligence du texte qu’elle sait transmettre et un bon goût certain qui règne sur tout ce qu’elle fait.

Marie-Nicole Lemieux, une grande chanteuse? Oui, mais avant tout, une grande interprète.

La deuxième partie du récital fait place au français. On aime particulièrement le cycle Saluste du Bartas, d’Arthur Honegger, tellement original et épique, sur les poèmes de Pierre Bédard de Monlaur, un cycle difficile qu’elle maîtrise à la perfection. Cette partie nous donne également l’occasion d’entendre les rares Sept Chansons de Clément Marot, de Georges Enesco. Loin de faire dans la facilité, Marie-Nicole Lemieux démontre qu’elle aime les programmes avec de la substance et nous fait découvrir d’autres facettes de sa personnalité. Au-delà de cette femme joyeuse parfois dépeinte de façon caricaturale, on retrouve aussi Marie-Nicole, l’intellectuelle, l’artiste qui aime repousser ses limites et prouve qu’elle a du contenu.

Le public lui fera évidemment un triomphe et elle nous donnera généreusement deux rappels: À Chloris, de Reynaldo Hahn, et l’émouvant Connais-tu le pays où fleurit l’oranger? extrait de Mignon. » Caroline Rodgers – Ludwig van Montréal

« La chanteuse a tout juste […] : les ambitus dynamiques sont somptueux sans détimbrage des nuances pianissimo et les textes très travaillés, avec une prononciation juste et nette.

La seconde partie, française, apporte des enseignements intéressants en termes de répertoire, avec des mélodies sur des textes de Clément Marot de George Enesco et un cycle de Honegger. Les mélodies sont brèves : ce sont des saynètes que Marie-Nicole Lemieux croque avec précision et délice. Gounod ouvre la voie à un lyrisme que Marie-Nicole Lemieux cultivera dans ses rappels. À Chloris s’imposait. Il fut somptueux et le choix d’Ambroise Thomas, sur une adaptation (pas une traduction) française du texte de Goethe montrait qu’en plus de la maîtrise vocale, au niveau de la tenue intellectuelle, Marie-Nicole Lemieux n’avait rien laissé au hasard. » Christophe Huss – Le Devoir

 

Tournée avec Roger Vignoles, mélodies sur des poèmes de Baudelaire et de Goethe

Opéra national du Rhin, Singel d’Anvers, Grand Théâtre de Genève, 2017

« Le récital débute avec Schumann et le Lied Kennst du das Land (Connais-tu le pays ?). La contralto regarde à peine le texte, préférant convoquer du regard le public, des galeries à l’orchestre, à cette invitation au voyage et à la célébration de l’être aimé. Sa technique vocale, aussi agile dans les aigus que dans les graves, déroule le texte en laissant l’impression au public qu’aucun effort n’est requis et que son souffle vient naturellement. Suit le Lied de Schubert, Der Musensohn (Le Fils des muses), pour lequel elle laisse sa voix littéralement vagabonder comme celle du personnage,  Durch Field und Wald zu schweifen, /Mein Liedchen wegzupfeifen  (Vagabondant à travers champs et bois, / Jouant mes chansons sur mon pipeau), souriante et imprégnant à sa voix l’effet de légèreté qui se dégage du texte. (…)

Avant les rappels, le récital se termine par La Vie antérieure de Duparc. Les aigus comme les graves se déploient, parfaitement harmonieux. La difficulté majeure d’articulation du texte, aux vers beaucoup plus longs que les autres mélodies, est dépassée, chaque syllabe est détachée, claire et distincte, chaque phrase fluide. Marie-Nicole Lemieux reste imprégnée par le texte pendant un long moment, après les derniers accords pleins de douceur du piano. » Céline Wadoux – Ôlyrix

« Chaque note qu’elle émet dégage une théâtralité qu’elle ne saurait réprimer. C’est dans son tempérament. Avec une première partie chantée en allemand, consacrée à des lieder d’après des poèmes de Goethe, et une seconde dédiée à la mélodie française, d’après Baudelaire (beaucoup de poèmes tirés des Fleurs du Mal), son récital est parfaitement équilibré. (…)

D’abord la voix est belle, sensuelle, capiteuse, avec des graves charnus et des aigus rayonnants. Et puis elle est capable de rendre leurs lettres de noblesse aux lieder de Fanny Mendelssohn-Hensel (la sœur de Felix Mendelssohn) d’une simplicité désarmante. (…)

On la sent plus à l’aise encore dans la mélodie française. D’abord elle chante ces mélodies par cœur (et non pas avec des partitions sous les yeux), d’où un phrasé très organique. Autant la voix déborde de lyrisme dans La Musique de Gustav Charpentier, au grand souffle, toutes voiles dehors, autant elle se montre sous un jour plus intimiste dans deux mélodies de Debussy (Le Jet d’eau et Recueillement). Ici, la voix devient tendre, aérienne, sensuelle (une voix presque blanche), comme si elle lâchait momentanément sa part théâtrale. L’accompagnement de Roger Vignoles au piano est superbe, riche en irisations et en couleurs, sans jamais couvrir sa partenaire. C’est un vrai duo. » Julian Sikes – Le Temps

« Vêtue sans extravagance d’une robe noire, d’un corset rouge tacheté et d’un voile noir sur les épaules, Marie-Nicole Lemieux débute avec Kennst du Das Land ? Wo die Zitronen blühn (Connais-tu le pays où les citronniers fleurissent ?), mis en musique par Robert Schumann (1810-1856). La chanteuse l’interprète avec beaucoup de simplicité et une aisance qui se fait progressive jusqu’à s’investir davantage dans la troisième strophe « Kennst du ben Berg und seinen Wolkensteg ? » (Connais-tu la montagne et sa passerelle ennuagée ?). (…)

Ce respect du texte, Marie-Nicole Lemieux le montre particulièrement lors du lied Wonne der Wehmut (Délices de la mélancolie), soutenu par la musique de Ludwig van Beethoven (1771-1827). Grâce à son beau timbre de contralto, le chant n’est pas éloigné des intonations de la voix parlée mais garde l’expressivité du chant. C’est ainsi que l’auditeur n’entend pas un texte mis en musique mais véritablement la musique du poème. » Emmanuel Deroeux – Ôlyrix

 

Tournée avec Roger Vignoles

Fondazione Bru Zane Venise, Accademia Santa Cecilia, Wiener Konzerthaus, Opernhaus Zurich, Théâtre Royal de la Monnaie, Wigmore Hall, 2015

« A ridosso dei festeggiamenti che chiudono il frizzante Carnevale veneziano, si tiene un altro interessante evento della rassegna organizzata dal Palazzetto Bru Zane. Questa volta la serata si svolge nella sede del Centre de musique romantique française dove stucchi e affreschi fanno da cornice all’esibizione di Marie-Nicole Lemieux, contralto, e Roger Vignoles, pianoforte. Il programma è interamente dedicato alla mélodie, genere assai in voga durante l’Ottocento, che ha come punti di forza tanto la raffinata scrittura, quanto l’efficacia poetica dei testi, concepiti da alcuni degli autori più apprezzati. (…) Le caratteristiche precipue della mélodie vengono abilmente sottolineate dalla duttilità vocale della Lemieux. Il contralto canadese infonde calore e vita alla propria interpretazione: l’emozione che traspare in ogni verso intonato conquista lo spettatore per la verità del fraseggio, il candore del sentimento trasmesso e la duttilità di uno strumento a proprio agio soprattutto nella tessitura acuta. La stessa mimica facciale esprime ciò che il testo lascia trapelare, a volte anche non apertamente, dando il polso dell’estrema sensibilità e personalità dell’artista. Benché Vignoles possa apparire distaccato, il suo accompagnamento pianistico si mette perfettamente al servizio degli intenti interpretativi della cantante. Egli crea un tappeto sonoro delicato e preciso, mai invadente. I grandi consensi finali spingono una spigliata e divertita Lemieux a concedere ben tre bis: la commovente À Chloris di Reynaldo Hanh, Villanelle, la prima delle sei mélodies tratte da Les nuits d’été di Hector Berlioz, e, come omaggio al nostro paese, la versione italiana della delicata L’heure exquise. I tripudianti consensi finali emozionano l’esecutrice la quale si concede felicemente alle dimostrazioni d’affetto del pubblico. » Francesco Bertini, L’Ape Musicale

« (…) Il contralto Marie-Nicole Lemieux e Roger Vignoles al pianoforte sono protagonisti di un voyage interieur nel quale conducono l’ascoltatore nei meandri ammaliatori della mélodie. Il programma è articolato con intelligenza e sensibilità, partendo dalla malinconia un po’ ingenua di Guillaume Lekeu, passando per l’eleganza affabulante di Reynaldo Hahn, giungendo alla disperazione mascherata da gioia di Ernest Chausson, per concludere con la metafisicità di Debussy e lo spleen di Duparc.
(…) La Lemieux, straordinaria cesellatrice, rende ogni singola sillaba con partecipe intelligenza e, soprattutto, con un coinvolgimento emotivo che rende vivido il testo poetico; ciascuna frase è non solo cantata, ma interpretata anche fisicamente, attraverso sguardi, espressioni, piccoli movimenti. Tutto è spontaneo, ogni accento suggerisce intimità ed interiorità.
La voce, potente e corposa nell’ottava grave, trova una leggerezza tornita nei centri e sale sicura in acuto.
Roger Vignoles, in perfetta sintonia con la Lemieux, suona con intelligenza e gusto, prediligendo, com’e giusto, l’introspezione all’esibizione. Il tocco è quasi rarefatto, la sordina appena sfiorata, il legato beneficia di una leggerezza liquida.

Pubblico rapito e partecipe, successo pieno e meritato per i due interpreti, tre bis concessi con grande simpatia dalla Lemieux tra i quali Á Chloris e la versione ritmica italiana de L’heure exquise. » Alessandro Cammarano, OperaClick

 

« Marie-Nicole Lemieux sale sul palco piccolo della Sala Sinopoli, assieme al pianista Roger Vignoles, e «Toute les blancheurs de la chair / Y passent, radieux cortège» (“Tutti i biancori della carne / passano, radiosa processione”), come canterà poco dopo. L’espressione allegra, lo sguardo concentrato, il pallore lunare della pelle che contrasta, barocco, con i capelli rosso fuoco; il contralto canadese sprizza energia e carisma da tutti i pori. Energia che poi verrà infusa in ogni brano, attraverso la varietas delle emozioni musicali e testuali: dalla spensierata leggerezza di Mandoline al languore ipnotico di En Sourdine, le due mélodies iniziali dell’insieme Cinq mélodies de Venise op. 58 di Gabriel Fauré.

Nella mélodie il testo è importante: ecco perché la dizione scolpita e l’eccellente fraseggio della Lemieux ne fanno una delle interpreti più desiderabili, al giorno d’oggi, per un simile repertorio. (…)

Unione sensuale, malinconica, spumeggiante di testo e musica, di voce e pianoforte. Eh sì, perché definire “accompagnamento” la scrittura pianistica di queste mélodies vorrebbe dire non averne compreso lo spirito; tanto più in questo caso, dato che l’interazione tra i due artisti sul palco raggiunge un livello di vera e propria simbiosi. Roger Vignoles, e qui cito ancora la precedente recensione di Cammarano, “suona con intelligenza e gusto, prediligendo, com’è giusto, l’introspezione all’esibizione”. Le code sospese lasciano pendere i presenti dalle sue mani e legano benissimo la fine di un brano con l’inizio del successivo. I silenzi vengono colmati dagli sguardi e dai sorrisi di Vignoles e della Lemieux.

Dopo Fauré, è il turno di Guillaume Lekeu, autore di musica e testi, con la bellissima Sur une tombe. Peccato che i presenti a godere lo splendore di versi come «Tu reposes, tu reposes, pure, inoubliable Amie / En ton immortelle pâleur» non fossero di più: la Lemieux penetra i sensi con un’indicibile, dolce tristezza, portandoli con sé alla catarsi dell’ultimo verso («Notre Amour éternel!»), su uno splendido pianissimo. (…)

Nemmeno il tempo di riprendersi dall’emozione, ed ecco le prime, madreperlacee note de L’heure exquise che cominciano a diffondersi nella sala. Lo scarso pubblico, prima di concedere qualche minuto di sosta agli artisti, li remunera con un lungo e caloroso applauso.

(…) Giunge a questo punto l’ora di Claude Debussy, e dopo Lés Ingénus e Le Faune ecco il componimento che rivela in tutta la sua grandezza la Lemieux interprete: Colloque sentimental . Il testo di Verlaine presenta tre voci: quella di un narratore che racconta la passeggiata di “due forme”, e quelle dei “due spettri” che parlano dei sentimenti passati in un serrato botta e risposta. La Lemieux canta tutte e tre le voci, senza rovinare la linea canora, senza ricorrere a effettacci di cattivo gusto, solo con la forza dell’interpretazione, del fraseggio, degli accenti e di quegli “sguardi, espressioni e piccoli movimenti” di cui parlavamo all’inizio. Magistrale esecuzione e giustamente applauditissima.

(…) Alla fine, dopo i molti “Bravi!” che hanno salutato i due, Vignoles e Lemieux concedono ben tre bis al pubblico. Ancora Hahn con l’idilliaca À Chloris, salutata con gioia dagli appassionati; poi, da Les nuits d’été di Hector Berlioz, la famosa Villanelle, cantata e ballata con movenze da allegra contadinotta; infine, non avendo preparato altro ma visti gli incessanti applausi, nuovamente L’Heure Exquise di Hahn con bacio finale. » Michelangelo Pecoraro, OperaClick

«French-Canadian contralto Marie-Nicole Lemieux has been doing the rounds of concert halls and opera houses for well over a decade now, yet she has only recently begun to emerge as a soloist in her own right. This recital gave an insight into the particular qualities of her voice in a programme of French melodiés from the belle époque.

Her contralto is light and agile, with a range that extends comfortably into the upper reaches of the register. Her well-chosen programme began with Fauré’s Cinq melodies ‘de Venise’, completed in 1891. Like so many melodiés of the period, these are settings of poems by Verlaine. In ‘Mandoline’, Lemieux flickered delicately through the score (singing from memory), before darkening the mood with her warm lower register in ‘Green’. Verlaine himself apparently didn’t think much of Fauré’s settings of his verse. He much preferred those of Reynaldo Hahn, and it was interesting to compare Hahn’s versions of these two songs (respectively re-titled ‘Fêtes galantes’ and ‘Offrande’). Lemieux (…) painted a masterly picture of languid desire in ‘Offrande’. Touching interpretations, too, of three songs by the brilliant but short-lived Guillaume Lekeu, and of Hahn’s ‘D’une prison’ – a spare and anguished expression of Verlaine’s feelings during his imprisonment for shooting Rimbaud in Brussels in 1873.

In the second part of the concert, Lemieux focused on delineating the distinct styles of Koechlin, Debussy and Duparc. (…) Lemieux hinted at troubled undercurrents in the outwardly carefree ‘Les ingénus’, while injecting ‘Colloque sentimentale’ with tangible regret and bitterness. She was completely in command of the final set of Duparc songs, including the celebrated ‘L’invitation au voyage’, which was particularly pleasing to hear sung in perfect, natural French.

Of course Lemieux wasn’t alone in communicating the music so well. Roger Vignoles is a seasoned accompanist but also a highly regarded interpreter of the French repertoire. His handling of the often complex piano parts was deeply reflective and personal, but never at the risk of overshadowing or tying down Lemieux’ voice. » John-Pierre Joyce, Music OMH

« Over the past fifteen years in concert and in opera, the Canadian contralto Marie-Nicole Lemieux has notched up some brilliant Handel and Vivaldi roles, is a marvellous and very funny Mistress Quickly, and I clearly recall how she broadened and transformed the role of Genéviève in a concert performance of Debussy’s Pelléas et Mélisande.

Her contralto is about as far removed from the reassuring and matronly English idiom as it’s possible to be. First of all, her voice is wonderfully agile, with satisfying amplitude sustaining her soft singing. And she deployed some powerful fortissimos to telling effect, and the dip into her low register leads you into another area of subtlety and colour, their evenness and clarity defining the character of her voice as a whole.

In ‘Mandoline’, the first of the Fauré’s Cinq mélodies, she quickly asserted its flirtatious delicacy, and she elevated ‘Nocturne’ with skillfully veiled tone. She made a virtue of the restricted range of Hahn’s ‘Offrande’, using it to heighten the song’s tremulous expectation.

In the second half, she characterised each composer more distinctly, draping the fragile pastiche of Koechlin’s ‘Minuet’ with restrained tenderness and finding an eloquent monotony for ‘L’hiver’. Debussy’s ‘Colloque sentimentale’ became a masterpiece of lovers’ regret and bitterness, their bleak exchanges all the more potent in their reticence, and she was in complete control of the visionary splendours of the Duparc set. The projection of everything she sang was given additional intelligence by her easy diction – French is her natural language – and she has the knack of inflecting every nuance with emotion.

Lemieux is a complete artist, with an enviable ability to animate a song and the audience through her warm, communicative stage presence(…) With Roger Vignoles as her pianist, it was hardly surprising that their combined art concealed the art of this reclusive repertoire. Their encores, Hahn’s ‘A Chloris’ and Berlioz’s ‘Villanelle’ from Les Nuits d’été, clinched a distinguished recital. » Peter Reed, Classical Source

« Pour le récital de Marie-Nicole Lemieux, le Wigmore Hall avait des allures de music-hall parisien ; en vedette éclairée au halo, la contralto canadienne a remonté la tradition des plus grands interprètes de la chanson française avec un florilège de mélodies de la Belle Époque, de Fauré à Debussy, en passant par les fleurons moins connus du genre, Guillaume Lekeu, Charles Koechlin et Reynaldo Hahn. Dans un salon où se côtoient aussi les grands poètes de la langue française, Marie-Nicole Lemieux, en hôtesse des lieux chaleureuse, nous présente à cette belle société. Dès les Mélodies de Venise, le premier grand cycle de Fauré dédié à la princesse de Polignac, nous entrons en profonde empathie avec la chanteuse dont la concentration recueillie et le regard bouleversé évoquent la douleur d’un amour impossible. Si le tempo de la Mandoline est grisant, il y a comme un soupir derrière le sourire, un bleu au cœur qui ne cessera de grandir. Chaque miniature apporte son frisson, tantôt de plaisir, tantôt de détresse, et nous voguons d’un état d’âme à un autre sans que jamais le charme ne se rompe.

On aurait pu s’effrayer de ce piano grand ouvert, surtout dans un univers aussi intime et délicat, et pourtant plus l’on avance et moins l’on regrette cette niche béante ; il ne faut pas d’autre réceptacle à la voix puissante de Marie-Nicole Lemieux dont le lyrisme a pu percer avec un éclat libérateur. (…) Le jeu de Roger Vignoles, limpide et articulé, se fait le parfait miroir de sa partenaire, l’écrin d’un joyau vocal.

Car Marie-Nicole Lemieux a la science de l’émotion. Une interprète hors pair, elle ressent le texte avant de le chanter, lui donne ensuite un timbre dense et charnu, expressif et souple, d’un soutien sans faille. Sa diction trahit un amour du verbe français ; elle habite chaque syllabe, prolonge sensiblement chaque poème en épuisant toutes les ressources de sa clausule, à laquelle elle fait souvent faire de fulgurants tours du monde. En conséquence, la respiration est abondante et sonore, et devient indispensable au voyage ; elle gonfle nos poumons du même oxygène et nous fait ainsi vivre ensemble à la musique, en communion.

Les mélodies de Reynaldo Hahn bercent sans jamais endormir ; presque trop allant, le tempo choisi est fluide et permet à la chanteuse de frôler l’incandescence sur un piano d’une extrême douceur. L’heure est exquise. Auparavant, nous découvrons les Trois Poèmes dont Lekeu a aussi composé les vers ; il y a quelque chose du Spectre de la rose dans le premier numéro, et notre cœur saigne sur la tombe. La ligne vocale est d’une tension toute meurtrie. Mais jamais atteinte par le mutisme de la douleur, la chanteuse est aussitôt plus opératique, libre et insouciante, et son ivresse fait sourire. Les mélodies de Koechlin sont également une mosaïque d’émotions diverses ; du funèbre du Menuet à la bonhomie de la Pêche, Marie-Nicole Lemieux se délecte des ressources musicales du texte.

Les Fêtes galantes de Debussy et les mélodies de Duparc portent le voyage à destination. La désolation du Colloque sentimental nous semble insondable, la voix de la chanteuse se dédoublant pour nous faire entendre un couple désuni. Elle va pour cela chercher dans l’extrême grave de son registre d’incroyables notes pâlies par l’amertume. Et c’est comme étranglée par le chagrin qu’elle poursuit dans la nostalgie de L’Invitation au voyage, puis dans les clairs nuages de la Sérénade florentine. Nous languissons avec une distance pudique, jusqu’à ce rappel, vif et mordant, où la contralto forte d’un récital tenu avec maestria chante une Villanelle des Nuits d’été les plus spirituelles jamais entendues.

« Si l’artiste en trouvant ses idées n’a pas senti passer dans son cœur et sur sa chair le frisson de l’émotion, il ne sera jamais émouvant ». Que Duparc n’était à Londres hier soir… Il y aurait ri et pleuré, aimé et souffert. Car la générosité rare et la personnalité solaire de la contralto ont guidé l’âme d’un public galvanisé, et ce dans un univers qui forçait une voix puissante au défi de la retenue et de la fragilité. Avec une telle beauté de réalisation, nul doute, c’est bien une artiste qui s’est exprimée, une artiste qui a frissonné et ému à son tour. » Luce Zurita, Bachtrack

«  (…) The gratifying lyricism of Fauré’s Cinq melodies ‘de Venise’ made an engaging opening, and allowed Lemieux to demonstrate her secure technique, the extraordinary range of her tonal palette and the wide compass of her voice, which she can extend down to a full contralto and up to blooming mezzo heights, passing through the registers smoothly and evenly. A native of Québec, Lemieux’s diction was, unsurprisingly, idiomatic. But, Fauré’s settings often prioritise the musical line above the prosody, resulting in occasional misplaced accents and emphasis, and Lemieux was skilful in highlighting textual details and drawing the listener into the song.

(…) ‘En sourdine’ (Muted) was more dreamy, Vignoles’ wave-like arpeggios and Lemieux’s dark tone conjuring the hazy headiness of the calm twilight. Lemieux’s superb control of dynamic extremes was demonstrated at the end of the song, her voice ringing passionately yet forebodingly as evening fell, but fading into sweet softness for the closing consolation, ‘Le rossignol chantera’ (the nightingale will sing). There were flashes of vocal power in ‘Green’, too, judiciously enriching the musical line, and particularly impressive was the way Vignoles used the semi-quaver movement in the inner voices both to colour the piano’s repeating quavers and engage with the voice.

A similar sense of unity was achieved at the opening of ‘C’est l’extase’ (It is rapture), the piano’s rising motif sparkling deliciously to conclude the singer’s slow opening line, ‘C’est l’extase langoureuse’ (It is languorous rapture). In this song, Lemieux moved fluently from high to low and back again, the voice even and lovely across the registers. (…) The sobriety of ‘Sur une tombe’ (On a tomb) was established by the quiet melancholy of the piano’s opening phrase and the gravity was sustained by the composure and precision — rhythmic, dynamic — of the expressive vocal line. The clouds and shadows were lifted by the clear textures of Vignoles’ insouciant introduction to ‘Ronde’ (The dance), and in this song Lemieux demonstrated the easy flexibility of her voice, most especially in the declamatory second stanza with its temporal ebbs, flows and elongations which mimic ‘Les murmures d’amour de ce beau soir d’été’ (love murmuring on this beautiful summer evening). At times she employed a full vibrato to intensify a note or phrase, most effectively in the final stanza, the voice shimmering glossily through the translucent moonlight painted by Vignoles high, crystalline line. In ‘Nocturne’ Lemieux’s vocal line unfolded sweetly and mellifluously above the piano’s busy accompaniment.

The suspended, rocking chords which open ‘Offrande’ (Offering) by Reynaldo Hahn transported us to a world far removed from Fauré’s ‘Green’, which sets the same Verlaine text (…). Lemieux’s melody was wonderfully focused and well-shaped, particularly in the final stanza, ‘Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête’ (On your young breast let me cradle my head); and the delicacy of Vignoles’ placing of the oscillating chords, and of the low bass G which finally intimates resolution, was incredibly moving. ‘L’heure exquise’ (Exquisite hour) sparkled tremulously, with Lemieux once again injecting a dash of the moon’s precious gleam. (…)

(…) In ‘Menuet’ Vignoles’ understated pastiche dance seemed indifferent to the singer’s lamentations, until the final verse when Lemieux joined with the piano to dramatically exclaim her distress, ‘Ah! Comme vous broyez les coeurs’ (Ah! How you break hearts). The piano’s quiet ripples at the start of ‘Si tu le veux’ (If you so desire) created a propelling animation. And, Lemieux balanced tenderness and passion, conveying both the purity and sensuality of the poet-speaker’s desire, most seductively in the port de voix — a sweeping octave fall — which joins the image of the beloved, dishevelled by the wind, to the final line: ‘Si tu le veux, ô mon amour.’

(…) Lemieux made much of the text in ‘Les ingénus’, her low voice silky and enticing. The gradual deceleration was well controlled and the fading of the evening light in the third stanza was enigmatic and magical; (…) In ‘La faun’ Lemieux unleashed all the smoky mystery of her full contralto colour while Vignoles’ distant low fifths, oscillating rhythmically, conjured the mercurial faun’s laughter and twirling dance. ‘Colloque sentimental’ (Lovers’ dialogue) was profoundly moving and the performers assailed the interpretive challenges superbly. Lemieux’s melody was emotive and expressive above the sparse accompaniment, yet details were never exaggerated and the tone was even and controlled. Her breath-control and phrasing were excellent, the syllabic setting never interfering with the flow of the vocal line. Even at the bottom of her range, the singer’s voice spoke clearly and truly, and the three ‘voices’ in the text were clearly distinguished.

Four songs by Henri Duparc concluded the recital. (…) Most spell-binding of all was ‘La vie antérieure’ (A previous life). Lemieux’s tone was truly stunning in the solemn opening stanza, as Baudelaire’s poet-speaker describes his former life beneath vast colonnades that look in the evening light, like ‘grottes basaltiques’ (basalt caves). The poetic images were wonderfully captured in sound: hypnotic swaying cross-rhythms, driving forward, revealed ‘Les houles, en roulant les images de cieux’ (The sea-swells, mingling with the mirrored skies); grandiose and impassioned pounding quavers depicted ‘des esclave nus, tout imprégnés d’odeurs’ (naked slaves all drenched in perfume).

Reading these Parnassian poets, one might be tempted to concur with Fauré’s view that ‘their form, so elegant, pretty, and sonorous, resides entirely in the word — and because the word does not hide a single true thought … [the] verse is too full, too rich, too complete for music to be effectively adapted to it’. But, Lemieux and Vignoles made these settings endlessly fascinating and absorbing. » Claire Seymour, Opera Today

« Marie-Nicole Lemieux fait sensation dès son entrée sur la scène de la Monnaie. (…)

C’est un impressionnant programme qu’elle a réuni sous le titre L’heure exquise : outre des mélodies françaises de Fauré, Hahn et Koechlin bien en ligne avec l’intitulé, elle présente en deuxième partie des lieder de Schubert et Wolf, puis des mélodies de Rachmaninov, confrontant ainsi plusieurs esthétiques, plusieurs styles et plusieurs époques.

Sa voix est une pure merveille : chaude, sensuelle, parfaitement libre, généreuse, d’une grande homogénéité, elle affronte le piano grand ouvert sans jamais chercher la confrontation, domine avec aisance toutes les difficultés techniques et déploie une agréable palette de couleurs, qu’elle utilise intelligemment en rapport avec le texte. Son excellent contact avec le public, qu’elle défie d’un regard clair et volontiers gouailleur, lui assure l’attention bienveillante de chacun et instaure un climat décontracté, sans grand souci de formalisme, un peu inhabituel pour un récital de mélodies.

(…) A Chloris (Hahn), Villanelle (Berlioz) et An die Musik (Schubert) seront donnés successivement en bis, ce dernier avec une concentration et une sobriété idéales, presque miraculeuses(…). » Claude Jottrand – Forum Opéra

Salle Gaveau, 2014 (pianiste : Daniel Blumenthal)

« Le thème choisi de son récital Salle Gaveau est la passion de la cantatrice pour le chant et la musique, qui a poussée [Marie-Nicole Lemieux], il y a dix-sept ans, à mener une carrière lyrique, parcours fait de rencontres et d’émotions. Exercice difficile, car ce genre de thème transversal ne peut que mêler des éléments disparates. Et pourtant, l’exercice est plutôt réussi : ni ennui, ni regrets, la soirée est excellente. Robe couleur pavot à pois noirs, chevelure flamboyante, l’hôtesse – comme toujours rieuse – nous entraîne dans son univers en nous racontant de sa voix parlée haut perchée nombre d’anecdotes, avec son délicieux accent québécois malheureusement impossible à transcrire ici.
Le premier air, « Caro mio ben », premier qu’elle ait chanté en audition, évoque ses années d’études au conservatoire de Chicoutimi. C’est à la fois une mise en bouche et un exercice d’échauffement que connaissent tous les élèves de chant. Elle le distille avec soin et gourmandise ; mais déjà, on sent poindre, derrière la bonne élève appliquée, une vraie nature. « Il mio bel foco » qui suit a été son premier succès au conservatoire. Puis c’est son premier grand amour (musical), Franz Schubert, qu’elle interprète lors de sa première prestation en public : en raison d’une tempête de neige, il n’y avait que dix personnes dans la salle ! Les trois lieds choisis ce soir permettent à l’artiste de montrer diverses facettes de sa capacité à jouer une jeune femme mutine et sautillante puis à donner une dimension plus tragique, en passant même par la caricature en prenant un moment une attitude digne de sa compatriote Marie Dressler dont elle a hérité des dons comiques.
L’âme russe est un autre volet de ses passions : comme elle le souligne, elle habite sur le même parallèle que la Sibérie, les saisons sont les mêmes, et ce sont donc de part et d’autre les mêmes émotions que l’on vit et que l’on chante. De fait, son interprétation de Sergueï Rachmaninov est particulièrement convaincante, comme si la culture russe était tout à fait sienne. La première partie s’achève avec deux lied de Brahms. Surprise : à l’instar de Martha Argerich, Marie-Nicole Lemieux a fait venir des amis, et tout d’abord Antoine Tamestit qui va l’accompagner des riches sonorités de son alto, avec son excellent pianiste depuis plus de dix ans, Daniel Blumenthal. S’ensuit un moment de grande émotion ou les qualités de legato et de phrasé de la cantatrice s’unissent miraculeusement à celles des deux instrumentistes.
Continuant à détailler son parcours professionnel, Marie-Nicole entame la seconde partie avec le poignant « Erbarme dich » de La Passion selon Saint Matthieu, correspondant parfaitement à ses qualités vocales, et merveilleusement accompagnée au violon par Sarah Nemtanu. Moment d’émotion où la salle suspend son souffle, et vibre à l’unisson des musiciens. Brutal et salutaire contraste de Leipzig à l’Espagne, « car, souligne-t-elle, bien qu’il fasse froid, on a quand même le sang latin ! ». Quatre chansons populaires espagnoles de de Falla lui donnent l’occasion de se défouler, et de donner d’une voix dont elle avait jusque là soigneusement dosé le volume en regard de la taille de la salle Gaveau. Sans prendre des accents gutturaux, elle s’approprie fort bien ce répertoire particulier.
Nouveau contraste, Kurt Weill et son douloureux « Youkali », autre grand moment d’émotion. (…) Nouveau retournement, le calme joyeux de deux jeunes femmes espiègles s’amusant du piège qu’elles veulent tendre au comte Almaviva : la charmante « Canzonetta sull’aria » des Noces de Figaro nous transporte tout aussi brutalement à une autre époque, sans que l’on soit choqué le moins du monde. Gaëlle Arquez donne la réplique à Marie-Nicole Lemieux : que la cantatrice qui n’a pas un jour chanté dans d’autres tessitures lui jette la première pierre ! Notre diva s’en excuse : « Pardon pour l’écart de conduite ! ». Il lui sera beaucoup pardonné, car le résultat, la concernant, est tout à fait convaincant. Puis les deux amies retrouvent leur vraie tessiture pour la « Barcarole » des Contes d’Hoffman, montrant ainsi que, bien chanté, ce morceau de bravoure trop galvaudé garde un charme intact. L’air d’Isabella de L’Italienne à Alger, en fin de concert, était peut-être une gageure, dont on retiendra plus la variété des expressions que la légèreté des vocalises.
C’est dans de généreux bis que Marie-Nicole Lemieux va nous montrer une autre des multiples facettes de son talent : celle d’une merveilleuse diseuse, attentive au texte et à la prononciation, distillant chaque mot avec art et sens : « L’heure exquise », « Villanelle », « À Chloris », pourquoi en effet ne pas mêler Reynaldo Hahn et Berlioz, à l’image de tout ce récital atypique mais étonnant, raffiné et divers, reflet des interprétations et des goûts variés de la cantatrice. » Jean-Marc Humbert – Forum Opéra

Amphithéâtre Bastille, 2013 (pianiste : Daniel Blumenthal)

« Entre deux représentations de Falstaff, Marie-Nicole Lemieux a offert, dans le cadre de la série « Convergences » présentée à l’Amphithéâre Bastille, un récital de mélodies à la fois ambitieux et passionnant, avec un programme s’éloignant résolument des sentiers battus. (…) Marie-Nicole Lemieux se révèle à son zénith : voix large et posée, autorité, beauté de la ligne. (…) La complicité est évidente avec le pianiste Daniel Blumenthal, en accord parfait avce la chanteuse. En bis, celle-ci propose l’Heure Exquise de Reynaldo Hahn, superbement maitrisée dans un sourire permanent, et une Invitation au voyage d’Henri Duparc, aussi fascinante que singulière. Une soirée qui a justement soulevé l’enthousiasme d’un Amphithéâtre complet. » José Pons, Opéra Magazine

« Comme on l’avait dit d’Edith Piaf, Marie-Nicole Lemieux nous ferait pleurer en chantant l’annuaire téléphonique. Avec un timbre pareil, cette générosité, cet investissement, cette manière de chanter avec une énergie émanant de tout le corps, cette grande intelligence des mots, elle est capable de nous bouleverser dans tous les répertoires.
Et celui qu’elle avait choisi – à dessein ? – pour ce concert accompagné par Daniel Blumenthal et pour certaines pièces par l’excellent Quatuor Psophos, a pleinement bénéficié de toutes ces exceptionnelles qualités. Il s’agissait en effet d’un ensemble d’œuvres marquées par toute la nostalgie cafardeuse du postromantisme du XIXe siècle basculant vers le XXe.
Alma Mahler, Lekeu, Chausson, Elgar, c’était une alternance de pages fortes et d’autres bien plus improbables, qui aurait engendré une certaine monotonie grise sans justement les incroyables couleurs de la voix de cette artiste complète, capable aussi bien d’émouvoir que de s’acquérir d’emblée la sympathie du public avec malice en annonçant, preuve à l’appui, qu’elle chante pieds nus car elle a oublié ses chaussures.
Les six mélodies d’Alma Mahler débutant le programme s’imposent sans difficulté par leur belle écriture très sûre, exprimant avec une sensibilité fine les subtils frémissements d’un monde ombreux, où la nature est omniprésente, souvent angoissante, riche de rêves, d’interrogations, à la fois obsédante et insaisissable, dans une nostalgie sous-jacente, entrecoupée de grands élans lyriques.
Nature toujours, compagne des amours malheureuses, refuge mortifère ultime de l’amante abandonnée dans la Chanson perpétuelle, poème de Charles Cros mis en musique par Chausson. Qu’il s’agisse du texte ou de la musique, nous sommes malheureusement loin de la concision autrement dramatique de la Marguerite au rouet de Schubert. Mais quelles belles couleurs a quand même le chagrin d’amour avec la voix de Marie-Nicole Lemieux ! Même les musiques de Lekeu et d’Elgar, finalement assez impersonnelles et uniformes malgré leurs occasionnels généreux élans, parviennent à s’animer tant la cantatrice y met de cœur, de conviction, de force expressive, avec un constant rayonnement vocal.
(…) L’idée de programmer certaines mélodies pour voix et quatuor à cordes était bonne, car la nature même de la voix de Marie-Nicole Lemieux est idéale pour dialoguer avec les instruments à cordes. Le Quatuor Psophos se montre un partenaire parfait, très musical et sensible. » Gérard Mannoni, Altamusica

« Dans l’excellente série Convergences dont Christophe Ghristi est le maître d’œuvre à l’Opéra National de Paris, l’Amphithéâtre Bastille accueillait Marie-Nicole Lemieux (qui aura été une irrésistible Mrs Quickly lors de la reprise du Falstaff de Verdi) pour un copieux récital de mélodies en compagnie du pianiste Daniel Blumenthal et du Quatuor Psophos.

On est frappé d’emblée par la facilité avec laquelle l’artiste passe de l’extraversion la plus extrême (…) à une concentration maximale dès qu’elle aborde la musique. Dans les six lieder d’Alma Mahler aux chromatismes prégnants et savamment agencés, elle sait créer un climat incertain entre chien et loup particulièrement suggestif. Sa tenue vocale, ses qualités de style et d’intonation et surtout une diction irréprochable, rendent à La Chanson perpétuelle de Chausson une intensité, un expressionnisme bien servis par le Quatuor Psophos.

Avec le cycle des Sea Pictures d’Elgar, Marie-Nicole Lemieux met sa vie en jeu par une puissance d’évocation, une densité poétique et un sens dramatique d’une urgence saisissante (The Swimmer), tandis que trois des Poèmes de Lekeu traduisent sous sa voix veloutée et sombre tous les états de la mélancolie (Nocturne). En bis, L’Invitation au voyage de Duparc est emportée par un souffle d’une musicalité aussi juste qu’expressive. » Michel Le Naour, Concertclassic

 

 


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