Critique de récital

Véronique Gens s’est récemment produit dans un concert de musique française baroque, aux côtés de l’ensemble Les Surpises, salué par la critique.

« Tragédienne et lyrique : superbe Véronique Gens au Festival d’Ambronay.
[…] Véronique Gens apparaît sur scène pour l’intense et colérique « Funeste, Amour » (extrait de Scanderberg) de François Rebel (1701-1775) et François Francoeur. La soprano est superbe de présence et d’aisance. Le soin extrême porté à la langue française et l’homogénéité de sa voix permettent une parfaite clarté de son discours. […] L’acte premier, L’Eau, débute par le déferlant Air pour les esprits élémentaires (Scanderberg – Rebel), avec le grondement des percussions toujours aussi surprenantes, avant que Véronique Gens ne chante la captivante plainte et colère de Polydore « C’en est donc fait » de Jean-Baptiste Stuck. […] Véronique Gens se fait conteuse et même véritable tragédienne avec « Enfin il est en ma puissance » (Armide – Lully). La pertinence entre les intentions musicales sûres de la soprano et le texte de Philippe Quinault offrent à cet air une interprétation très convaincante. […] Dans « Mes yeux, fermez-vous à jamais » (Le Carnaval de Venise) d’André Campra, Véronique Gens se montre très touchante, magnifiquement soutenue par Les Surprises. Sous la direction investie, énergique et équilibrée de Louis-Noël Bestion de Camboulas, l’orchestre et la soliste savent toucher l’auditeur en plein coeur. […] Véronique Gens se montre terriblement captivante dans « Noires divinités » (Scylla et Glaucus) de Jean-Marie Leclair, avec une impressionnante palette de timbres, toujours intelligemment utilisée. Son chant terrorise les éléments et provoque un terrible et violent Orage (Platée–Rameau). Après la tempête, le calme et la profondeur de l’Entrée de Polymnie (Les Boréades – Rameau) clôt l’acte. […] Longtemps et chaleureusement applaudis, Les Surprises offrent en bis un Rigaudon festif avant que Véronique Gens n’offre à son tour de nouveau le magnifique « Mes yeux, fermez-vous à jamais », invitant sans aucun doute le public à fermer les siens pour ne garder en mémoire que les sublimes moments de cette soirée. » Emmanuel Deroeux –  Ôlyrix

« Ni soprano ni mezzo, capable d’aigus étourdissants et de graves délicatement cuivrés, la chanteuse française récompensée en 1999 par une Victoire de la musique possède la couleur idéale pour ce style français codifié par Lully, celui de la tempérance, de la clarté et de la rigueur qui tourne le dos aux acrobaties vocales de la musique italienne. Avec sa voix rare, elle a interprété sept airs, parmi les plus représentatifs du baroque français, notamment ce poignant « Mes yeux fermez-vous à jamais« , extrait du Carnaval de Venise de Campra, redonné en bis. » Antonio Mafra – Le Progrès

© Sandrine Expilly


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