Reviews of Rodelinda

 

Opéra Royal de Versailles, 2016

« Pour tenir un rôle écrit pour un castrat, il faut des… tripes. Ces dernières années, on a souvent eu recours à des contre-ténors pour succéder à Senesino, mais c’est un régal que de retrouver enfin une mezzo. Et pas n’importe laquelle. On pouvait craindre que la fréquentation assidue du répertoire verdien ne fatigue ou n’alourdisse l’organe de Marie-Nicole Lemieux : rien de tel, heureusement, et la Québécoise n’a rien perdu de l’abattage qui était le sien lorsqu’on la découvrit dans Orlando furioso. Fermeté d’accents, rugissement de douleur, poitrinage du grave : rarement Pertharite, roi des Lombards, aura étalé une virilité aussi conquérante, qui arrache le personnage à toute passivité gémissante. Quand il faut passer à la virtuosité, c’est tout le corps de Marie-Nicole Lemieux qui entre en vibration, avec un résultat visuellement saisissant. Et quand la chanteuse se lâche sur le son, elle remplit d’un seul coup tout le volume de l’Opéra royal de Versailles. » Laurent Bury – Forum Opéra

«Marie-Nicole Lemieux n’est pas en reste. Dans le rôle de Bertarido, le mari de Rodelinda, elle déploie un chant habité, mettant à contribution chaque muscle de son visage, chantant parfois les dents serrées, exprimant tantôt la colère, la haine ou la joie (elle exécute alors une véritable danse malicieuse, plissant un œil, réjouissant le public). Émettant de riches graves depuis le fond de sa gorge pour en accroître l’intensité, enchaînant des phrases en legato avec des notes piquées, elle signifie ainsi les revirements d’humeur de son personnage, de l’espoir au désir de vengeance. Lorsqu’elle étale la puissance de ses aigus, elle obtient un long ban d’applaudissements chaleureux du public. » Damien Dutilleul – Ôlyrix


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