Press review – Iphigénie en Tauride

Iphigénie en Tauride – Rôle-titre

Opéra de Rouen, 2022

“Le plateau quant à lui présente des individualités de tout premier plan, à commencer par un rôle-titre assuré à la dernière minute par Hélène Carpentier. Âgée de 26 ans, la jeune soprano a relevé le défi d’apprendre ce rôle monumental en deux jours seulement. Le pari était ambitieux et le résultat au-delà des attentes, avec une façon de déployer toute l’étendue de sa palette vocale en assurant une diction et un sens du phrasé capable de rendre l’entière véhémence et la blessure intérieure du personnage (Ô toi qui prolongeas mes jours). Entendue récemment à Lille dans Électre de Campra ou à Lyon en Mélisande dans Ariane et Barbe Bleue de Dukas, il faut entendre la façon dont cette lauréate du concours Voix Nouvelles prend à bras-le-corps et comme une future grande, le périlleux Ô malheureuse Iphigénie…” David Verdier – Wanderer

“C’est finalement la jeune Hélène Carpentier (née en 1996), révélation classique de l’Adami en 2018, qui fait ses débuts dans ce rôle ô combien délicat, appris en seulement deux jours pour pouvoir commencer les répétitions avec toute l’équipe. Le pari est relevé haut la main, tant la soprano fait valoir une musicalité et une présence saisissante tout du long (…). Quelle assurance dans la projection parfaitement maîtrisée sur toute la tessiture, tandis que la rondeur d’émission et l’incarnation dramatique expliquent logiquement l’ovation reçue en fin de soirée !” Florent Coudeyrat – Concertonet

Hélène Carpentier déploie son soprano lyrique, large, aisé, étendu, avec superbe dans les aigus. La palette dynamique s’étendant du pianissimo au fortissimo lui permet de peindre une Iphigénie dans toutes les nuances de son parcours pathétique. Le timbre est très chaleureux, et lumineux tout au long de ce rôle au jeu scénique très exigeant. Le public plus qu’enthousiaste la remercie d’avoir ainsi relevé la gageure, ainsi que tous les artistes de cette production.” Joël Heuillon – Olyrix

“Après les renoncements de deux chanteuses particulièrement capées, il fallait une sorte de folie pour confier le rôle d’Iphigénie à une jeune chanteuse de 26 ans débarquée sur les bords de la Seine à peine huit jours avant la première du spectacle sans connaitre la moindre note de ce rôle écrasant ! Force est cependant de reconnaître que Loïc Lachenal a gagné son pari et qu’il a fait preuve d’un flaire dont bien des directeurs de maisons d’opéra pourraient s’inspirer.

Hélène Carpentier n’est pas inconnue du public rouennais : lauréate en 2018 du concours Voix Nouvelles, elle s’est déjà produite au théâtre des Arts dans le rôle léger de Madeleine du Postillon de Lonjumeau d’Adolphe Adam mais rien ne la prédestinait à endosser aussi vite la chlamyde de la tragédienne. Apprendre le rôle d’Iphigénie en 48 heures est déjà en soi une gageure mais réussir à l’incarner de manière aussi aboutie dénote chez cette jeune chanteuse un tempérament de grande artiste. À l’image du rôle de Norma dont les premiers accents, « Sediziose voci, voci di guerra » permettent immédiatement de poser le personnage, celui d’Iphigénie est tout entier contenu dans sa première imprécation, « Grands dieux ! Soyez-nous secourables ». Lorsqu’Hélène Carpentier la prononce au milieu du fracas tempétueux de l’orchestre, toute Iphigénie est déjà là, noblesse altière et fragilité de femme en proie au fatum. Dotée d’un large soprano dramatique et d’une voix ample, au timbre charnu, la chanteuse impose d’emblée un personnage d’héroïne antique taillé dans le plus beau marbre. Comme Véronique Gens qu’elle remplace au pied levé, et dans la grande tradition de Régine Crespin, Hélène Carpentier s’avère une diseuse exemplaire : de sa bouche, les alexandrins de Nicolas-François Guillard coulent avec limpidité, parfaitement intelligibles, et la totalité des liaisons, si piégeuses dans le chant français, sont respectées. De tous les airs et ensembles que chante Iphigénie, celui qui clôt le deuxième acte est le plus bouleversant : dans « Vous n’avez plus de roi, je n’ai plus de parents », Hélène Carpentier livre un chant dépouillé de tout artifice, pur comme la langue française du Grand Siècle.” Nicolas Le Clerre – Première Loge

“C’est finalement la soprano Hélène Carpentier qui remporte le rôle-titre après les défections successives de Karine Deshayes et Véronique Gens. Une aubaine pour la jeune chanteuse, qui la met d’emblée dans la trace des plus grandes, de Callas à Crespin, en même temps qu’une nouvelle étape qui conforte l’Opéra de Rouen dans sa politique – ô combien méritoire ! – de découverte et de soutien des jeunes talents en devenir. (…) Issue du CNSMD de Paris, auréolée du Premier Prix du concours « Voix Nouvelles » et arrivée au pied levé il y a une semaine dans cette production, la soprano Hélène Carpentier dans le rôle-titre séduit par sa prestation scénique et vocale.” Patrice Imbaud – Resmusica


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