Press review – Hamlet

Hamlet

Festival Radio France Montpellier Occitanie (Montpellier), 2022

“Nous avions déjà observé récemment l’étincelante éclosion de Jodie Devos, depuis toujours une chanteuse admirable, mais qui prouve encore en Ophélie qu’elle est une des plus brillantes artistes du monde lyrique actuel. La voix est charnue sur l’ensemble de la tessiture, jusque dans des aigus dardés chargés de sève, et l’interprète d’une virtuosité technique et d’une musicalité rares, ciselant le texte avec justesse et émotion : là un son droit pour exprimer un vertige sur « votre regard me glace », là un aigu volontairement écourté, comme un hoquet, à la fin de sa scène de folie, pour rendre compte de l’égarement mental et physique d’Ophélie. Il suffit de porter un regard sur l’artiste pour voir devant soi se lever le personnage lui-même. Le public ne s’y est pas trompé et lui réserve une longue ovation après son premier air et sa scène de folie au quatrième acte. Le rôle de Laërte est assez court, mais Philippe Talbot tire son épingle du jeu grâce à une émission claire, qui se différencie du métal de la voix d’Hamlet, et apporte au personnage beaucoup de la poésie qu’il a perdue en passant entre les mains des librettistes de l’opéra. Tomislav Lavoie et Rodolphe Briand incarnent quant à eux les deux amis d’Hamlet, Horatio et Marcellus, ainsi que les deux fossoyeurs du début du dernier acte. Quel duo idéal ! Le premier possède une voix de baryton savoureuse, qu’il manie avec ductilité et le second une voix de ténor franche, émise sans couverture excessive, qui lui permet d’avoir une diction aussi précise que s’il parlait. Ces personnages sont rendus à leur dimension « de caractère » par ces deux grands artistes”. Clément Mariage – Forum Opéra

“Dans le rôle d’Ophélie, la soprano colorature Jodie Devos livre une prestation très aboutie. Sa ligne vocale est conduite avec fluidité grâce à une grande tenue de souffle, les vocalises sont exécutées avec souplesse. Le timbre est éclatant, riche de couleurs dans le médium. Les aigus, accrochés avec facilité, semblent aspirés puis amplifiés sans forcer. Interprète sensible, elle captive son auditoire tout au long de l’acte IV dans une scène de folie poignante, et reçoit des applaudissements à tout rompre. Le Laërte de Philippe Talbot ne manque pas de prestance et d’énergie. Sa voix est élégante, lumineuse, émise avec facilité. Tomislav Lavoie et Rodolphe Briand incarnent respectivement Horatio et Marcellus, puis les fossoyeurs à l’acte V, le premier d’une voix de basse franche et gaillarde, le second d’une voix de ténor claire, bien projetée et bien articulée”. Pierre Giangiobbe – Olyrix

“La sensation de la soirée est l’Ophélie électrisante de Jodie Devos qui se hisse de son excellence coutumière au niveau des plus grandes titulaires du rôle et fascine. Si elle n’a pas la faille névrotique de Dessay ni la friabilité diaphane de Devieilhe, sa voix corsée et fruitée, toute de sève et pulpe, impérialement projetée, l’apparente à l’Ophélie discographique d’Anderson, la fraicheur et la juvénilité en prime. Ayant suivi sa carrière dès ses débuts, j’éprouve une joie intense face un tel accomplissement et devant sa mise en orbite dans les plus hautes sphères de l’art virtuose. Philippe Talbot est un luxe en Laerte et les deux fossoyeurs de Tomislav Lavoie et Rodolphe Briand sont irréprochables”.  – Jérôme Pesqué – ODB

” Une « prima donna » est née ! Nous avons toujours senti, chez Jodie Devos, l’étoffe d’une cantatrice d’exception. Elle a littéralement explosé hier, vendredi 15 juillet, dans une somptueuse version de concert d’Hamlet d’Ambroise Thomas, au Festival Radio France Occitanie MontpellierL’excellente chanteuse que nous connaissons, au timbre frais et à la technique ébouriffante, est passée au niveau supérieur. La voix a gagné en rondeur et en puissance, sans rien perdre de ses qualités virtuoses, trouvant un terrain d’épanouissement idéal dans la redoutable scène de folie d’Ophélie, à l’acte IV. Variant les climats et les couleurs à l’infini, alternant longues phrases rêveuses et véhémentes cascades de vocalises, avec une netteté de diction jamais prise en défaut, la soprano belge a été saluée par une ovation aussi spectaculaire que méritée. Et quelle poésie, quelle émotion dans le passage qui suit, quand Ophélie, accompagnée par le chœur (Montpellier et Toulouse réunis) à bouche fermée, s’enfonce lentement dans le lac ! L’intensité de l’incarnation est telle qu’on en oublie complètement qu’il s’agit d’une version de concert”. Richard Martet – Opéra Magazine

“La performance de Jodie Devos en Ophélie est stupéfiante alors qu’elle en avait seulement abordé les airs au concert. L’émotion naturelle et la sensibilité généreuse habitent chacune de ses prestations tandis que la souplesse du phrasé, le timbre toujours charnu, y compris dans l’extrême aigu (contre-ré, contre-fa), confèrent une présence lumineuse à la jeune fiancée du prince. Sa composition de la scène de la folie diffère de celle hagarde et éthérée que Sabine Devieilhe incarne à l’Opéra-Comique sur le registre sublime. Jodie Devos impose, elle, la fine juvénilité d’une amoureuse, brisée en plein envol, depuis la ballade scandinave « Pâle et blonde » jusqu’aux vocalises d’une sûreté confondante. Aussi, brisant le silence au sein de chaque acte, l’auditoire ovationne spontanément l’artiste depuis son air soliste du 2e acte ! Frère juvénile d’Ophélie, Laërte (Philippe Talbot) impose la clarté d’un ténor d’opéra-comique dans son bel air « Pour mon pays, en serviteur fidèle », tandis que le duo des amis du prince, Horatio (Tomislav Lavoie) et Marcellus ( Rodolphe Briand), s’emboite avec précision au dialogue orchestral. Au dernier acte, leur métamorphose en pittoresques fossoyeurs révèlent leur complicité primesautière (on pense au futur duo des buveurs dans Werther). Sabine Teulon Lardic – Première Loge

 


Artists: